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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 19:49
Après la visio-conférence : Désiré LANDRU

De petit escroc à tueur en série, revenons sur la vie de celui qui a été surnommé le « Barbe-bleue de Gambais » puis guillotiné le 25 février 1922 sans jamais avoir reconnu sa culpabilité. Il a agi en toute impunité pendant cinq ans... Il est donc devenu l'un des tueurs en série français les plus célèbres et le plus mystérieux.

 

 

Henri Désiré Landru est né le 12 avril 1869 à Paris, C’est un enfant gâté, élevé religieusement. Il passe une enfance normale au sein d’une famille de condition modeste mais heureuse. Il est scolarisé à l’Ecole des Frères, bon élève il se distingue en mathématiques et en dessin. Rien ne laisse présager que cet enfant sans histoire va devenir l’un des plus grands criminels de l’histoire de la France.

Il suit des cours d’architecture sans grande motivation. Il est engagé comme simple commis architecte et commence à mentir et à s’inventer une vie plus riche qu’elle ne l’est en réalité.

A 20 ans, Il rencontre Marie-Catherine Rémy. Pour la séduire il prétend être technicien (et non commis). Ils se fréquentent et Marie-Catherine donne naissance à leur 1er enfant en 1891. Entre temps Henri Désiré part au Service Militaire qui dura 3 ans et épouse à son retour, en octobre 1893, Marie-Catherine, reconnait leur 1er enfant. Le couple, en apparence heureux, aura au total 4 enfants entre 1891 et 1900.

Henri Désiré exerce une dizaine de métiers tels que : comptable, couvreur, plombier, cartographe, employé de commerce et change quinze fois d’employeurs espérant toujours gagner plus pour subvenir aux besoins de sa famille. Le départ brutal sans laisser d’adresse de son dernier employeur avec la caisse, le laissa à réfléchir et lui ouvrit les portes de l’escroquerie. Afin de tromper policiers et victimes, il s’invente des identités. On le retrouve sous les noms de Dupont, Remy ou encore Chatelle, etc.

Quelques exemples : Ses premières victimes sont des travailleurs répondant à une annonce d’embauche et sont invités à déposer une caution pour obtenir la place convoitée.

Ensuite Landru prétend avoir créé une fabrique de bicyclettes fonctionnant au pétrole, passe une annonce pour les vendre, récolte des acomptes versés lors de la commande de ces engins qui ne sont pas fabriqués.

Il disparaît à chaque fois avec l’argent et entame ainsi une « brillante carrière » d’arnaqueur et de mythomane. mais est malgré tout arrêté à plusieurs reprises et condamné à des amendes et à des peines de prison… ce qui ne l’empêche pas de recommencer.

Il est emprisonné en 1906 et durant son séjour, il tente de se suicider. Les psychiatres le jugent « dans un état mental maladif sans être de la folie……. ». Il est e nouveau condamné en 1909 à 3 ans de prison ferme pour escroquerie

De nouveau condamné en 1914 mais étant multirécidiviste, il risque la déportation à vie au bagne de Guyane dont les conditions de détention sont redoutées de tous. Il prend alors la fuite et est contraint de vivre dans la clandestinité. Il ne peut plus prendre le risque d’être identifié et dénoncé par ses victimes ce qui va l’amener à prendre une solution radicale : d’escroc, il devient meurtrier. L’« affaire Landru » commence en 1914. Il est âgé de 45 ans.

Pour attirer ses victimes, des femmes seules avec des économies, Landru utilise son arme préférée, la séduction. Il se montre charmeur, se dit veuf et fortuné. Il publie des petites annonces matrimoniales dans plusieurs journaux et reçoit d’innombrables réponses (plus de 300) émanant principalement de jeunes veuves qui espèrent mettre le grappin sur cet homme aux revenus apparemment conséquents. Pour ne pas attirer l’attention, il utilise différents noms, 96 selon l’enquête. Les femmes flattées d’avoir été remarquées et d’être courtisées se laissent tromper facilement par ses belles paroles et se retrouvent bientôt fiancées et signent des procurations afin qu’il gère leurs biens. Il leur fait miroiter le mariage et les invite à séjourner dans une villa qu’il loue, à Gouvieux, puis à Vernouillet et enfin à Gambais.

Les « activités » de Landru ne l’empêchent pas de continuer à être un époux et un père affectueux et attentionné. Il explique ses absences par son métier de brocanteur.

La 1re maison louée se situe à Gouvieux, au lieu-dit la Chaussée. La période de location est courte : d’avril à août 1914. Landru se voit obligé de déménager craignant la visite de la police suite à un contrôle de billet dans le train ; le sien est périmé.

En décembre 1914, il loua une villa à Vernouillet où 3 femmes et 1 jeune homme y disparaîtront.

Puis Landru trouve une nouvelle maison à Gambais, isolée au milieu des champs, commanda 300 kilos de charbon, de multiples scies et fit installer une petite cuisinière. 7 femmes y périrent entre 1915 et 1919.

Bien que des voisins de la maison de Gambais s’étonnent de voir de la fumée s’échapper de la cheminée même pendant la bonne saison et qu’il se plaignent régulièrement des odeurs émanant de celle-ci, Landru n’est pas inquiété avant 1918. Le maire du village reçoit une lettre demandant des nouvelles d’une femme qui aurait déménagé à Gambais en compagnie de son fiancé, un certain Mr Dupont. Un peu plus tard, le maire reçoit une demande similaire concernant une autre femme. Il est alarmé par la similitude des 2 lettres. Il recherche un individu qui n’existe pas. Il reçoit les familles des deux « disparues » et les invitent à déposer plainte, ce qu’elles font à Paris. C’est l’inspecteur Belin qui dirige l’une des douze Brigades régionales de police mobile surnommées les « Brigades du Tigre », qui suit le dossier mais l’enquête est au point mort jusqu’au jour où une intime de l’une des disparues, pense reconnaitre Landru sortant d’un magasin à Paris. Elle prévient Belin qui localise Landru et le lendemain matin à l’aube l’interpelle. C’est le 12 avril 1919, le jour de ses 50 ans. Durant son transfert au bureau de police, Landru essaie de jeter un petit carnet par la fenêtre mais un policier le rattrape. Jusque-là, il est accusé d’escroquerie et d’abus de confiance. Cependant l’inspecteur Belin est intrigué par le contenu du petit carnet noir. Les noms des 11 personnes disparues y figurent. Il s’ensuit des perquisitions dans les villas louées et gardes meubles

On découvre des fragments d’os, de cheveux, des morceaux de corsets, des chaussures de femmes brûlées. Au total près de 4 kg de fragments d’os humains mais toujours pas de corps… le tronc ainsi que les jambes et bras, sont, soit enterrés dans les bois, soit jetés dans des étangs aux alentours. L’enquête va durer 2 ans ainsi sans que Landru ne parle, même si l’analyse du petit carnet noir où tout est noté, est une preuve accablante.

Il est incarcéré. Le procès s’ouvre le 07/11/1921 devant la cour d’assise de Versailles. La salle d’audience est exiguë, les cartes d’accès sont activement recherchées. Le Tout-Paris est présent : Mistinguett, Colette, Roland Dorgelès, Rudyard Kipling, ainsi que des membres de grandes familles royales et de la presse française et internationale.


 

Le procès va durer une vingtaine de jours pendant lesquels Landru va nier ses crimes et demander à la justice de les prouver mais en l’absence de corps, cela est difficile. C’est la défense tenue par son avocat, Maitre de Moro Giaferri. Tout est raconté à la manière d’une pièce de théâtre ou d’un roman-feuilleton. Landru devient une espèce de « héros » de la répartie face à la justice qui s’acharne. La lecture de l’acte d’accusation dure trois heures. Le dossier d’instruction est volumineux : plus de 5.000 pages

Sa condamnation tombe le 30/11/1921 il est condamné à être guillotiné. Une demande de recours en grâce est adressée au chef de l'État, Alexandre Millerand qui la rejette le 24/02/1922. Landru sera guillotiné le 25/02/1922 à 6h10. L’exécuteur est Anatole Deibler qui compte à son actif 395 condamnés à mort.

Sa dernière maîtresse, Fernande Segret, Artiste lyrique, assista à tout le procès refusant de le croire coupable. Lorsque le film « Landru » de Claude Chabrol, sortit en 1963, Fernande Segret s'estimant diffamée, obtint 10 000 francs de dommages et intérêts (contre 25.000 francs demandés) de la part du producteur du film.

50 ans plus tard, le 21 janvier 1968, date anniversaire de la demande en mariage de Landru, elle se jeta dans les douves du château de Flers, non loin de la maison de retraite où elle s'était retirée. Dans sa chambre, il y avait deux photos : l'une de sa mère, l'autre de Landru.

Le divorce de Landru avec son épouse Marie-Catherine Remy fut prononcé le 03/02/1922. Les enfants prirent le nom de leur mère : Remy.

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