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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 19:05

1943 – 88mn – VF – N&B

avec

Michel Simon, Albert Préjean, Blanchette Brunoy, Suzy Prim, Juliette Faber 

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Thème : La lutte inégale entre les grands magasins et le petit commerce à la fin du 19° siècle, adapté d’une œuvre d’Emile Zola

Le Réalisateur : André Cayatte, de son vrai nom Marcel Truc, est écrivain, scénariste et réalisateur. Il est né le 3 février 1909 à Carcassonne. Il est mort le 6 février 1989 à Paris.

Ses parents tiennent un commerce d’épicerie en gros à Carcassonne. En 1922, son cousin, aumônier des prisons est chargé d’assister un condamné à mort. Le jeune André a 13 ans et quand il voit son cousin s’effondrer suite à l’exécution, il n’aura plus de cesse de militer contre la peine de mort.

A partir de 1932, licencié ès lettres, André Cayatte entreprend des études de droit et devient avocat. Tout en plaidant au barreau de Paris, il publie plusieurs romans. Et dans l’exercice de son métier, la défense d’un client acteur en procès contre son producteur, lui permet de découvrir le milieu cinématographique et la puissance de son impact.

En 1941, il fait les dialogues d’un film produit par la Continental compagnie allemande ayant réquisitionné les Studios de Billancourt. Et c’est dans cette compagnie , où se cachent des résistants, qu’André Cayatte commence sa carrière de réalisateur. Il tourne 4 films. La Fausse Maitresse en 1942, d’après le roman de Balzac. En 1943 : Au Bonheur des Dames d’après l’œuvre de Zola, puis Pierre et Jean d’après le roman de Maupassant et Le Dernier Sou qui ne sortira qu’en 1946.

En septembre 1944, André Cayatte est inquiété par le Comité de Libération du Cinéma Français et ne peut plus travailler jusqu’en décembre 1945, où finalement la relaxe est prononcée.

André Cayatte poursuit ses réalisations cinématographiques avec des films populaires dont une évocation de l’affaire Stavisky, Le Dessous des Cartes (1948), mais sans trop de succès. Puis, en 1949 opte, après Balzac, Zola et Maupassant pour un autre classique : Les Amants de Vérone. Cette même année, il réalise : Le Retour de Tante Emma un court métrage qui évoque les déportés (inclus dans un film à sketch : Le Retour à la Vie de H.G. Clouzot, A.Cayatte, G.Lampin et J.Dreville)

Cependant, ressurgit son idée première sur l’impact d’un cinéma interpellant les masses sur les problèmes de société. Sur l’affaire Seznec, il a élaboré, entre autre, un scénario dans lequel il fait jouer à Seznec son propre rôle dans une reconstitution commentée en voix off. C’est une invention d’un genre qui ne s’est pratiquement jamais vu, qui préfigure le documentaire fiction. Le film est censuré (illégalement).

Mais André Cayatte persévère. Il réalise un cycle au cours duquel il analyse les rouages et les enjeux de la justice à ses différentes étapes. Ce sont : Justice est faite (1950), le film montre un jury d’assise prisonnier de ses préjugés, Nous sommes tous des assassins (1952), c’est un plaidoyer sur l’inefficacité de la peine de mort, Avant le déluge (1954) est un essai sur ce qui pousse la jeunesse à se retourner contre la société. Le Dossier noir (1955) qui traite des faiblesses inhérentes à l’instruction.

Le résultat est un succès populaire, une citation parmi les cinéastes français qui comptent et aussi l’indication d’une évolution du cinéma vers le genre télévisuel des enquêtes d’actualité.

André Cayatte continue au cinéma jusqu’en 1978, puis à la télévision, à filmer des problèmes de société, avec Les Risques du métier (1967) montrant l’ostracisations d’un enseignant accusé de pédophilie, Mourir d’aimer (1971) illustrant le cas d’une enseignante amoureuse d’un de ses jeunes élèves.

44 réalisations de films de cinéma avec , certes, des critiques de la part des « Jeunes Turcs » de la Nouvelle Vague, mais plus d’une douzaine de distinctions.

André Cayatte meurt d’une crise cardiaque quelques jours après son quatre-vingtième anniversaire

..................................................................................................Roland

 

Lundi 22 Mars Vidéo Conférence  pour une Evocation de la vie de Marguerite Boucicaut  relatée dans "Au Bonheur des Dames" d'André Cayatte. En bonus : Albert Préjean.

ALBERT PREJEAN

Acteur à la gouaille faubourienne qui joue les jeunes premiers jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale, il a participé à une centaine de films en passant sans  problème du muet au parlant et également connu comme chanteur.

Né le 27 octobre 1894 à La Varenne Saint-Hilaire, il est envoyé en pension à Fribourg où il apprend l’allemand. Il obtient, à 24 ans, la Croix de guerre et la légion d’honneur pour avoir combattu dans l’escadrille des Cigognes aux côtés de Guynemer.

En 1921, il fait ses débuts au cinéma, par hasard, comme doublure dans Les 3 mousquetaires d’Henri Diamant Berger avec lequel il tourne ensuite plusieurs films : 20 ans après, puis Le mauvais garçon et Gonzague en 1922, Jim Bougne boxeur et Le roi de la vitesse en 1923 et en 1927 Education de prince.

 René Clair le choisit également pour plusieurs réalisations : Paris qui dort et Le fantôme du Moulin-rouge en 1924, Le voyage imaginaire en 1925. Il est coopérateur technique pour les séquences d’aviation dans La proie du vent en 1927. Un chapeau de paille d’Italie est filmé en 1928. Sous les toits de Paris, en 1930 le révèle comme chanteur avec l’air du titre comme viennent d’autres succès tels que La valse à Dédé de Montmartre ou bien Dans la vie faut pas s’en faire. Raymond Bernard est également son metteur en scène pour : Le costaud des Epinettes et Grandeur et décadence en 1923, L’homme inusable et Le miracle des loups en 1924 puis Le joueur d’échecs en 1927.

En 1928, il tient le 1er rôle dans Verdun, vision d’histoire, de Léon Poirier et joue pour Jacques Feyder dans Les nouveaux messieurs. Il est présent en 1929 dans 2 courts métrages de chansons : C’est à boire et Pour passer le temps et réalise un moyen métrage : L’aventure de Luna Park. En 1931, il crée le rôle de Mackie dans L’opéra de quat’ sous de Georg Wilhelm Pabst et tourne pour Carmine Gallone Un soir de rafle et Le chant du marin (en 1932 : Un fils d’Amérique).

Dans sa filmographie, on peut retenir : en 1931, la version allemande de L’amoureuse aventure (1932) de Wilhelm Thiele ; 1933 : Toto de Jacques Tourneur, Les bleus du ciel d’Henri Decoin et Caprice de princesse de Karl Hartl et H.G. Clouzot. Julien Duvivier tourne en 1934 Le paquebot Tenacity et en 1936 Marcel Carné Jenny. En 1937 ce sont Christian Jaque avec A Venise, une nuit et Pierre Chenal avec L’alibi. André Berthomieu réalise en 1938 L’inconnue de Monte-Carlo et l’année suivante Dédé la musique tandis que Jacques Becker filme L’or du Christobal et Maurice Cloche Nord-Atlantique.

Du 18 au 31 mars 1942, il fait partie de ce qui a été nommé «  le train de la honte », réunissant avec lui 2 autres vedettes de la Continentale : Danièle Darrieux (pour présenter le film de son ex-mari Henri Decoin, Premier rendez-vous) et Suzy Delair et 3 autres artistes : René Dary, Junie Astor et Viviane Romance. A l’initiative des 3 piliers de la propagande allemande en France (L’institut allemand, l’ambassade d’Allemagne et les services de propagande dépendant de Berlin) les acteurs ont été durant 12 jours les hôtes des studios Ufa de Babelsberg à Berlin, Wien Films à Vienne et Bavaria Films. Le voyage est exemplaire de ce qu’est la propagande de l’époque : «  une distorsion des faits pour servir l’idéologie de l’Occupant. L’image frappante des vedettes les plus populaires du cinéma français à Berlin devait entériner la mainmise allemande sur la vie culturelle française en faisant symboliquement main basse sur son industrie cinématographique. » «  Les vedettes doivent renvoyer l’image policée et positive d’une collaboration culturelle tout à fait banale qui renoue avec les échanges d’avant-guerre entre les 2 puissances cinématographiques européennes ». En août de l’année suivante, il pose devant la porte de Brandebourg avec Loulou Gasté et Edith Piaf comme invités par la Propagandastaffel pour promouvoir la chanson française.

Il sera incarcéré quelques semaines à la Libération.

Il a dans quelques films Danielle Darrieux comme partenaire : Volga en flammes de Victor Tourjansky en 1933 ; La crise est finie de Robert Siodmak en 1934 (qui réalise également Mollenard mais sans l’actrice) ; L’or dans la rue de Curtis Bernhardt ; Dédé de René Guissart en 1935 tout comme Le contrôleur des wagons-lits de Richard Eichberg et Quel drôle de gosse de Léo Joannon (auteur de Caprices en 1941).

En 1943,  il épouse  Lysiane Rey, actrice rencontrée à l ‘ABC. Née à Amiens le 13 novembre 1922, (Melle Josette, ma femme d’André Berthomieux en 1950, L’homme de joie de Gilles Grangier , Mon curé chez les riches d’ Henri Diamant-Berger en 1952, Quand passent les faisans d’Edouard Molinaro en 1965 et dans un épisode de Vidocq en 1967). Leur fils Patrick naît le 4 juin 1944. Après leur séparation, elle se remarie avec Luc Barney et a un second fils.Il prête à plusieurs reprises ses traits au commissaire Maigret : Picpus et Les caves du Majestic de Richard Pottier en 1942 et Cécile est morte de Maurice Tourneur en 1944. Il tourne en 1946 La kermesse rouge de Paul Mesnier et incarne un ouvrier brutal dans Les frères Bouquinquant de Louis Daquin en 1948. L’année suivante ce sont Les nouveaux maîtres de Paul Nivoix puis en 1955 Chéri Bibi de Marcello Pagliero. Son rôle dans Les amants du Tage d’Henri Verneuil n’est pas crédité. En 1957, il figure dans Paris Music Hall de Stany Cordier et devient Monsieur Loyal dans le 1er cirque de Jean Richard. Dans son dernier film, en 1962, Bonne chance, Charlie de Jean-Louis Richard, il est le faire-valoir d’Eddie Constantine.

Il meurt à Paris le 1er novembre 1979 et repose au cimetière d’Auteuil dans le XVIème arrondissement.

PATRICK PREJEAN : acteur de cinéma, théâtre et télévision, sa voix est bien connue pour les doublages comme celui de Tigrou dans la série de Winnie l’ourson ou de Sylvestre le chat. On l’a vu entre autres dans : Le tatoué de Denys de la Patellière en 1968, Le cerveau de Gérard Oury en 1969, Peau d’âne de Jacques Demy en 1970, Les mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau en 1971, Le gendarme et les gendarmettes de Jean Girault en 1982, Le château de ma mère d’Yves Robert en 1990 et en 2018 dans J’ai perdu Albert de Didier Van Cauwelaert.

......................................................................................................................................Claudine


 

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