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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 10:48
ALAIN TANNER(1929-2022), les suisses meurent aussi....

 

 

 

Réalisateur, figure emblématique de la nouvelle vague en Suisse.

Né à Genève le 6 décembre 1929, il fait des études de sciences économiques puis fonde avec Claude Goretta, en 1951, le ciné-club universitaire de sa ville natale. A l’âge de 23 ans, il s’engage pour 2 ans dans la marine marchande à Gênes. Il vit à Londres de 1955 à 1958 et occupe un emploi au British Film Institut. Avec Claude Goretta il réalise en 1957 un court-métrage qui obtient le prix du film expérimental à Cannes : Nice time (Picadilly la nuit) où la caméra capte tout ce qu’elle peut. Il entre ensuite à la télévision suisse romande et y filme des courts-métrages ainsi que des documentaires.

En 1962 il est à l’origine de l’Association Suisse des Réalisateurs puis fonde en 1968 le Groupe 5 pour promouvoir le jeune cinéma avec : Cl. Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange. En 1969, Charles mort ou vif obtient le Léopard d’Or au Festival International du Film de Locarno dans lequel un patron bourgeois quitte tout pour une vie de bohème avec un couple rencontré dans un bar. Dans les années 70, il anime de nombreux séminaires à New York, Boston, Harvard, Berkeley, Chicago, Toronto et Los Angeles et crée en 1973 le Centre d’Animation Cinématographique de Genève.

Le plus gros succès du cinéma suisse à l’étranger vient de La salamandre en 1971, film phare de la nouvelle vague helvétique dans lequel Bulle Ogier campe une femme insolente, insaisissable, prise entre 2 journalistes. Son héroïne reviendra 25 ans plus tard dans Fourbi (1996) avec Karine Viard. L’année suivante, il est membre du jury au festival de Cannes. En 1973, il tourne Retour d’Afrique avec Juliet Berto, huis clos sur les espoirs d’un jeune couple. L’utopisme, à travers l’évocation d’un monde meilleur, transparaît dans Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000 avec Jean-Luc Bideau, Miou-Miou et Myriam Boyer. En 1978 il adapte un fait divers sur la fugue de 2 adolescents dans Messidor. Il reçoit le Grand Prix à Cannes pour Les années lumière qui évoque la rencontre entre un jeune homme et un vieillard d’après le roman La voie sauvage de Daniel Odier avec Trevor Howard, Mick Ford et Henri Virlogeux. Le César du meilleur film francophone lui est attribué en 1983 à Dans la ville blanche où Bruno Ganz incarne un marin qui quitte tout pour se fondre dans une ville : Lisbonne. Cette même année, il est membre du jury à la Mostra de Venise. No man’s land est réalisé en 1985.Jean-Louis Trintignant est, en 1987, un cinéaste en pleine crise existentielle dans La vallée fantôme.

1991 : L’homme qui a perdu son ombre ; 1992 : Le journal de Lady M ; 1995 : Les hommes du port, consacré aux dockers et filmé à Gênes ; 1999 : Jonas et Lila, à demain, sur le quotidien d’un jeune couple ; 2002 : Fleurs de sang et 2004 : Paul s’en va, un enseignant disparaît en laissant à ses élèves une série de textes à méditer et de missions à accomplir où est évoqué, comme souvent, le thème du passage de témoin. Le voyage est également celui qui est un élément déclencheur du scénario.

En 2007 est publié au Seuil un livre de réflexions sur son expérience de réalisateur et sur l’évolution du cinéma au cours des 40 dernières années : Ciné villages. L’université de Lausanne lui confère le titre de Docteur honoris causa en mai 2008 et ses archives entrent à la cinémathèque suisse en 2014.

Il propose un cinéma à contre-courant pour partager quelque chose avec le spectateur. Il veut faire «  ressentir » le monde ; il dénonce la manière de filmer moderne, «  la caméra imbécile ». Pour lui, pas de plans de coupe. Il faut habiter le lieu de tournage «  le laisser venir par les lumières du matin et du soir ». Il dit : «  Je ne suis pas synchrone du tout ». Il considère que faire du cinéma est un acte politique et prolonge son engagement en s’impliquant en faveur de la population palestinienne de Gaza.

Il s’est éteint le 11 septembre 2022 à l’âge de 92 ans. Pour le réalisateur suisse Jacob Berger «  il était un réalisateur tendre et modeste mais extrêmement décidé ». Jean-Jacques Lagrange (du groupe des 5) dit : «  une forte personnalité et un homme très indépendant » puis ajoute : «  Je reste seul ».

.......................................................................................................................Claudine

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