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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 11:52
Lundi 12 Septembre 2022 : "Le Ciel est à Vous" de Jean Grémillon

 

 

 

 

 

 

Présentation du film, du réalisateur et de quelques acteurs.

Ce film français de 105 mn en noir et blanc a été réalisé par Jean Grémillon en 1944 sur une adaptation et des dialogues de Charles Spaak. Il s’inspire du record aéronautique établi en 1938 par André Dupeyron, femme d’un garagiste de Mont-de-Marsan, surnommée « la mère de famille volante ». Fille d’un ouvrier, elle rencontre à l’âge de 16 ans Gustave, un mécanicien. Le couple s’intéresse aux avions. Elle obtient les brevets de pilote de tourisme puis professionnel. En mai 1938, elle établit le record féminin de distance en ligne droite sans escale (4360km) entre Oran (Algérie) et Tel El Aham (Irak). En 1949, elle tente de relier Mont-de-Marsan à Jiwani (Inde), distance de 5932 km, seule, après 31h23 de vol. Un de ses fils est pilote militaire durant la 2ème guerre mondiale et elle-même vole pour les Forces aériennes françaises libres. Elle est marraine d’une escadrille qui porte son nom. Durant l’hiver 44-45, elle est membre d’un groupe de femmes pilotes pour le 1er corps de pilotes militaires féminins. Elle obtient le grade de sous-lieutenant. En 1946, elle est l’unique femme élève pilote du centre de vol à voile de la Montagne noire. Elle s’éteint le 22 juillet 1988.

Synopsis : Pierre et son épouse Thérèse tiennent un petit garage. Quand le docteur Maulette ouvre un aéro-club, le garagiste, ancien mécano de Guynemer pendant la guerre, est repris par son ancienne passion qu’il communique à sa femme ; ils achètent un petit avion. Le tournage débute en juin 1943 à l’aéroport de Paris-Le Bourget et se poursuit jusqu’en octobre à Bron (ancien aéroport de Lyon) après les bombardements du 16 août. Distribution : Madeleine Renaud, son actrice fétiche, (Thérèse), Charles Vanel (Pierre), Raymonde Vernay (l’acariâtre belle-mère), Anne-Marie Labaye (Jacqueline, la fille), Léonce Corne (le docteur), Jean Debucourt, Paul Demange, Bernard Lajarrige.Le réalisateur, musicien et compositeur lui-même, prête grand soin à l’ambiance sonore de ses films. Ici, un chœur de petites filles chante une vieille complainte sur le triste destin d’Adèle qui désobéit à ses parents. Analyse : film anti-vichyste qui exalte le féminisme quand le pouvoir veut que la femme reste à la maison et lanceur de message d’espoir pour ne pas accepter la résignation et la collaboration mais chercher la liberté. Jean Grémillon prend le temps d’inscrire ses personnages dans une normalité terre-à-terre (vie de famille, réussite économique modeste) qui devrait leur suffire. Le pilotage d’avion est, dans un 1er temps, une lubie immature dont Pierre se cache. Par bravade, Thérèse s’essaie à son tour à une balade puis partage l’obsession de son époux. Ils défient un environnement castrateur : la belle-mère désagréable, le jugement moral du voisinage, lourd, silencieux, pesant. Plus le récit avance, plus le couple semble isolé dans les environnements dédiés à leur passion. Le sujet revêt un caractère très personnel pour le metteur en scène, issu d’un milieu modeste, qui eut toutes les peines du monde à faire comprendre à sa famille sa sensibilité et ses aspirations artistiques.

 

LE REALISATEUR JEAN GREMILLON : scénariste, compositeur, celui qui est pour Bertrand Tavernier un des réalisateurs les plus importants du cinéma français, est né le 3 octobre 1901 à Bayeux dans le Calvados. Il quitte Cerisy (ses parents y achètent une maison où ensuite il aimera travailler) ; il écoute et pratique assidument la musique. Après des études à Saint-Lo, Brest, Dinan et au Havre, il arrive à Paris en 1920 afin de suivre à la Schola Cantorum les cours de Vincent d’Indy. Il découvre le cinéma en accompagnant dans la fosse d’orchestre les films muets. Il réalise des courts-métrages de commandes qui témoignent de sa curiosité pour le monde et son souci esthétique. Ce seront en 1923 Le revêtement des routes puis Chartres qu’il réalise avec le projectionniste Georges Périnal, futur chef opérateur. 1925 : L’électrification de la ligne Paris-Vierzon ; 1926 : La vie des travailleurs italiens en France et un moyen-métrage : Un tour au large. En 1928, son 1er long-métrage est produit par Charles Dullin, également acteur : Maldone qui reçoit un accueil médiocre au contraire de Gardiens de phare produit, l’année suivante, par Jacques Feyder. En 1930, La petite Lise, son 1er parlant, essai prématuré de réalisme poétique, est né de sa rencontre avec Charles Spaak. Le chef opérateur Louis Page l’accompagne à partir de cette date dans toute sa carrière. Suivent : En 1932 Pour un sou d’amour, en 1935 Valse royale et en 1936 Les pattes de mouches. Il s’expatrie pour mieux travailler ; on le voir en 1935 aux côtés de Luis Bunuel en Espagne.

Deux films lui apportent la consécration artistique et populaire : En 1937, il offre à Jean Gabin l’un de ses plus beaux rôles dans Gueule d’amour avec Mireille Balin. L’année suivante Raimu est entouré de Pierre Blanchar et Andrex dans L’étrange monsieur Victor où joue également Madeleine Renaud qui participe, durant l’Occupation, en 1941, au tournage de Remorques avec Michèle Morgan et Jean Gabin. Ce film, où la mer est un personnage à part entière, est le fruit d’une étroite collaboration avec Jacques Prévert. En 1942, son actrice préférée est accompagnée de Madeleine Robinson et Pierre Brasseur dans Lumière d’été. Le réalisateur est un grand portraitiste de la femme moderne et entreprend de déconstruire son image de femme fatale ou de victime véhiculée par le cinéma.

En 1944, il adhère au parti communiste, devient président du syndicat des techniciens, de la Cinémathèque. Les producteurs ne le suivent pas dans ses projets de films historiques (La Commune de Paris, la guerre d’Espagne). Il compose en 1945 la musique de son moyen-métrage : Le 6 juin à l’aube. Après 4 ans passés sans tourner, appelé par Jean Anouilh malade, il le remplace pour Pattes blanches en 1949 avec Suzy Delair, Fernand Ledoux et Michel Bouquet. Le film reçoit le prix spécial au festival de Locarno mais déroute la critique. Son court-métrage Les charmes de l’existence, réalisé avec Pierre Kast, reçoit le prix dans cette catégorie à la Mostra. Il est nommé président d’honneur du ciné-club de Cherbourg à sa création. En 1951, il réalise L’étrange madame X avec Michèle Morgan, Henri Vidal et Arlette Thomas puis en 1953 L’amour d’une femme avec Micheline Presle, Marc Cassot et Gaby Morlay. Il revient aux courts-métrages : 1952 : L’encyclopédie filmée séquence Alchimie. Les 3 suivants sont tournés grâce à sa propre maison de production, les films du dauphin : La maison aux images en 1955, Haute lisse en 1956 et celui consacré à un peintre André Masson et les 4 éléments.

Il meurt à Paris le 25 novembre 1959, le même jour que Gérard Philippe et repose au cimetière de Saint-Sulpice de Favières dans l’Essonne avec son épouse (décédée en 1992). Il avait 58 ans.

 

et quelques acteurs...

 

JEAN DEBUCOURT : né le 19 janvier 1894 à Paris, cet acteur, metteur en scène est sociétaire de la Comédie française où il entre en 1936 pour obtenir ce titre l’année suivante et enseigner rue Blanche et au Conservatoire. Il débute au théâtre en 1924 avec La duchesse et le garçon d’étage et joue en 1933 dans Le bonheur d’Henry Bernstein. Au sein de la maison de Molière, outre le répertoire classique, ce sont des auteurs comme Pirandello, Henry Bataille, Paul Géraldy, Armand Salacrou, Mérimée, Edouard Bourdet ou encore Jules Romains qu’il interprète. En 1941, il réalise la mise en scène d’André del Sarto de Musset, en 1947 celle des Femmes savantes qui voit le début de carrière de Denise Gence, l’année suivante Audiberti avec Les femmes du bœuf puis en 1950 La belle aventure de G. de Cavaillet.

Filmographie : impossible d’énumérer les quelque 125 films dans lesquels il a tourné. Sa carrière débute en 1918 avec Les grands de Georges Denola et il tient le rôle de Jacques Eyssette dans Le petit Chose d’André Hugon en 1923. Jean Epstein pour La chute de la maison Usher (1928), Le gendre de Mr Poirier de Marcel Pagnol en 1933, Koenigsmark de Maurice Tourneur en 1935 puis Un grand amour de Beethoven d’Abel Gance et Mayerling d’Anatol Litvak. Max Ophüls réalise en 1939 De Mayerling à Sarajevo (et en 1953 Mme de). Claude Autant-Lara le filme à plusieurs reprises : Lettres d’amour en 1942, Douce en 1943, Le diable au corps en 1946, Marguerite de la nuit en 1956. Il est également présent dans plusieurs réalisations de Sacha Guitry : La Malibran en 1943, Le diable boiteux en 1948, La poison en 1951, Napoléon en 1954 et enfin Si Paris nous était conté en 1956. Il est Felix de Willenstein dans L’aigle à 2 têtes de Jean Cocteau en 1947. Christian- Jaque met en scène D’homme à hommes en 1948 puis Barbe bleue en 1951, Fanfan la Tulipe en 1952 (il y est la voix de l’historien) et Nana en 1955. Jean Delannoy crée Le secret de Mayerling en 1949 (Maigret tend un piège date de 1958). Pour André Cayatte, Justice est faite en 1950. Yves Allégret réalise : Nez de cuir et La jeune folle en 1952, Mam’zelle Nitouche l’année suivante et en 1957 Quand la femme s’en mêle. Vincente Minelli tourne La vie passionnée de Vincent Van Gogh en 1955 et l’année suivante il est le révérend Paris aux côtés de Simone Signoret dans Les sorcières de Salem de Raymond Rouleau.

Mais d’autres metteurs en scène l’ont inclus dans leur générique : Jacques Becker, Jacques Baroncelli, Jean Dréville, Gilles Grangier, Maurice Cloche, Henri Decoin, Georges Lacombe, Jean-Paul Le Chanois, Henri-Diamant Berger, Richard Pottier, Jean Renoir et Denys de la Patellière.

Il a été la voix de Jésus à 3 reprises dans la série des Don Camillo : en 1951 et 1953 pour Julien Duvivier et en 1956 pour Carmine Gallone. Il est décédé d’une leucémie le 22 mars 1958 et repose à Egreville où sa famille maternelle possédait un château vendu à Jules Massenet.
 

LEONCE CORNE : né le 18 mars 1894 à Beauvais, il tourne dans des courts métrages dès 1930 : Le Kinkajou de Jean de Marguerrat (film en 1933 : La robe rouge) ; La moule de Jean Delannoy en 1934.

On le voit dans environ 120 films et ce dès 1932 : Rouletabille aviateur d’Istvan Szëkely. 1935 : Baccara d’Yves Mirande (1936 :7 hommes, une femme) : avec Léonide Moguy comme 1er assistant. Celui-ci réalise l’année suivante Le mioche. 1938 : Le roman de Werther de Max Ophüls et ensuite Le jour se lève de Marcel Carné ; en 1941, Jean Grémillon réalise Remorques ( puis en 1943 Lumières d’été) ; 1942 : Les inconnus dans la maison d’Henri Decoin ; 1945 : La ferme du pendu de Jean Dreville (1949 : Retour à la vie et 1965 : La seconde vérité) et Sortilèges de Christian-Jaque (1950 : Souvenirs perdus). Il est souvent sollicité par André Cayatte : Roger la honte en 1946, Le dessous des cartes en 1948, Justice est faite en 1950, Nous sommes tous des assassins en 1952, Avant le déluge en 1954 et Meurtre à Montmartre en 1957. Ce sont également : Henri-Georges Clouzot en 1950 : Miquette et sa mère ; Jean Anouilh en 1951 : 2 sous de violettes ; Carmine Gallone en 1956 : Michel Strogoff. Pour Gilles Grangier : 1943 : Ademaï bandit d’honneur ; 1956 : Le sang à la tête ; 1959 : Archimède le clochard ; 1962 : Le gentleman d’Epsom.

Outre Philippe de Broca (Cartouche 1961) ; Jean-Pierre Mocky (La grande frousse ou la cité de l’indicible peur en 1964 et La bourse ou la vie en 1966) ; Yves Robert (Alexandre le bienheureux en 1968) ; Philippe Fourastié (La bande à Bonnot en 1969) et Henri Glaeser (Les larmes de l’océan en 1973), il a tourné sous la direction de Léo Joannon, Georges Lacombe, Louis Daquin, Henri Diamant-Berger, Raymond Bernard, Denys de La Patellière ou encore Michel Boisrond.

La télévision lui a offert quelques rôles notamment dans Les 5 dernières minutes (1958, 1959, 1965, 1967 et 1968) ; Gaspard des montagnes en 1965 ; Le chevalier de Maison-Rouge de Claude Barma en 1963 ; L’éventail de Séville en 1968 ; Jacquou le croquant en 1963 ; Les nouvelles aventures de Vidocq de Marcel Bluwal en 1971 ; La malle de Hambourg en 1972 ; Les Thibault en 1973 ; Joseph Balsamo en 1973 et Au pays d’Eudoxie ou le Satyre de la Villette en 1974.

Il a assuré le re doublage du nain Grincheux en 1962 et prêté sa voix à Groucho Marx dans Panique à l’hôtel en 1938 puis dans Une nuit à Casablanca.

Au théâtre, il a joué dans Cromedeyre-le-vieil de Jules Romains en 1920 ; Crime et châtiment d’après Dostoïevski en 1933 ; Le coup de Trafalgar de Roger Vitrac en 1938 ; Clérambard de Marcel Aymé en 1950 (1954, 1958 et 1961) ; Eurydice de Jean Anouilh en 1941 (et Colombe en 1954) et en 1955 Kean de Jean-Paul Sartre d’après Dumas dans une mise en scène de Pierre Brasseur puis Judas de Marcel Pagnol.

Il est décédé à Chartres le 31 décembre 1977.

 

PAUL DEMANGE : comme les 2 acteurs précédents, il fait partie des «  excentriques du cinéma français », ayant tourné dans quelque 200 films comme second ou même troisième rôle.

Né le 12 avril 1901 à Mirecourt dans les Vosges, Paul Marie Hubert Petit Demenge , il paraît dès 1935 dans La Bandera de Julien Duvivier pour lequel il tournera également La belle équipe en 1936, L’homme du jour en 1938, La fête à Henriette en 1952, Voici le temps des assassins en 1956 et L’homme à l’imperméable en 1957. André Berthomieux réalise L’amant de Mme Vidal, La flamme et en 1937 La chaste Suzanne. Jean Renoir filme Le crime de Mr Lange en 1936 (puis Héléna et les hommes en 1956). Pour Marcel Pagnol c’est Topaze la même année et la suivante La maison d’en face de Christian-Jaque (D’homme à hommes en 1948, Mme du Barry en 1954 et Messieurs les ronds de cuir en 1959). Henri Diamant Berger met en scène La vierge folle en 1938 (Tourbillon de Paris en 1939, La madone des sleepings en 1955 et C’est arrivé à 36 chandelles en 1957). Pour Jean Delannoy c’est en 1941 Le diamant noir (Les jeux sont faits en 1947, La route Napoléon en 1953 et un sketch dans Secrets d’alcôve en 1954). Le dernier des 6 est de Georges Lacombe en 1941 (tout comme Montmartre sur Seine et Mr la souris en 1942). Pour Claude Autant-Lara c’est Sylvie et le fantôme (puis Occupe-toi d’Amélie en 1949, Marguerite de la nuit en 1955, Vive Henri IV vive l’amour en 1960 et Le magot de Josefa en 1963).

Il a prêté son image à d’autres réalisateurs : Marc Allégret, Léo Joannon, Maurice Cloche, André Cayatte, René Clair, André Hunebelle, Abel Gance, Raoul André, Sacha Guitry, Georges Franju ou encore Edouard Molinaro.

Il tourne encore en 1974 dans Les Gaspards de Pierre Tchernia et Vos gueules les mouettes de Robert Dhéry. En 1977 Anouk Bernard réalise Pourquoi ?

Pour la télévision ce sont des réalisateurs comme Claude Barma, Roger Iglesias, Pierre Badel, Robert Guez, Stello Lorenzi et François Gir qui lui permettent d’apparaître sur le petit écran. On le voit également en 1965-1966 dans Rocambole avec Pierre Vernier. Pour Au théâtre ce soir ce sont en 1966 Chérie noire et en 1970 L’amour vient en jouant. Les folies Offenbach datent de 1977.

Le théâtre : La Michodière, les Nouveautés, Daunou, Edouard VII, l’œuvre, le vieux colombier, les Variétés l’ont vu interprété : Anouilh, Giono, Barillet et Grey, Guitry, G.B. Shaw, Offenbach, Marcel Achard, Robert Thomas et Georges Feydeau. En 1973, il est aux côtés de Jean Poiret et Michel Serrault dans La cage aux folles dans une mise en scène de Pierre Mondy.

Il est décédé le 28 novembre 1983 à Taverny et repose au cimetière d’Asnières-sur-Seine.

 

Les excentriques du cinéma français (1929-1958) e R. Chirat et O. Barrot (Editions Henri Veyrier) 1983. Jean Debucourt figure dans le chapitre 14 : Les Français parlent aux Français tandis que les 2 autres acteurs illustrent le chapitre 12 : Chapeaux melons et ronds-de-cuir.

.....................................................................................................................Claudine
 


 


 


 


 


 

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