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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 09:51
Nom : Godard....................Prénom : Jean-Luc     (1930-1922)

 

 

 

 

Franco-suisse, auteur complet de ses films, réalisateur, scénariste, dialoguiste, monteur, producteur, également critique de cinéma et théoricien du 7èmre Art.

Il naît le 3 décembre 1930 à Rolle dans le canton de Vaud dans une famille protestante, aisée et cultivée : son grand-père est un proche de Paul Valéry dont il collectionne les écrits dans une piève spécialement dédiée. Il commence ses études à Nyon en 1936 puis en Bretagne (en 1940- guerre) revient à Nyon, est recalé au bac qu’il passe au lycée Buffon à Paris en1947 et commence à fréquenter les ciné-clubs et la cinémathèque tout en lisant dans la revue du cinéma les articles de Maurice Schérer (alias Eric Rohmer). Il prend l’habitude de voler bien que n’en ayant pas le besoin. (Il reprend ce thème dans une scène de A bout de souffle). En rupture avec sa famille, il rédige un pamphlet : Le cercle de famille. De retour en Suisse c’est un nouvel échec au bac qu’il obtiendra à la 3ème tentative en 1949. Il rédige un 1er scénario : Aline. Il s’inscrit à la Sorbonne et rencontre à la cinémathèque François Truffaut, Jean Gruault, Jacques Rivette qu’il retrouve au ciné-club du quartier latin avec Eric Rohmer, Claude Chabrol et Paul Gégauf. Le bulletin de ce lieu devient La gazette du cinéma et il y publie ses 1ers textes critiques. En décembre 1950, il accompagne son père en Amérique du Nord puis poursuit seul le voyage en Amérique du Sud.

A son retour, en 1951, il fonde avec Jacques Doniol-Valcroze Les cahiers du cinéma (1er article en janvier 1952). Engagé, grâce à son père, à la télévision suisse il vole de nouveau et va quelques jours en prison. Il prend la nationalité suisse pour échapper au départ pour la guerre d’Indochine mais, n’ayant pas respecté ses obligations militaires, il devient hors-la-loi. Son père le fait interner plusieurs semaines à Lausanne. Sa mère lui trouve un emploi sur le chantier du barrage de la Grande-Dixence en Suisse. Avec sa paie il tourne, en 1954, son 1er film en 35mm : Opération béton. L’année suivante il adapte une nouvelle de Guy de Maupassant Une femme coquette en 16mm. En janvier 1956, il devient attaché de presse à la Fox grâce à Claude Chabrol et rejoint la revue Arts à l’aide de François Truffaut. Le producteur Pierre Braunberger l’emploie comme monteur. Il collabore également aux films de Rivette et de Rohmer. En 1957, il tourne sans budget un court-métrage professionnel, film léger et rapide Tous les garçons s’appellent Patrick avec Jean-Claude Brialy et Anne Colette qu’il retrouve dans Charlotte et son Jules d’après Le bel indifférent de Jean Cocteau : long monologue d’un garçon, Jean-Paul Belmondo que le réalisateur double pour la post-synchronisation. François Truffaut, à l’origine du scénario et des images d’Une histoire d’eau, sur les inondations en Ile de France, mécontent des rushes, abandonne. Godard monte le film et lit le texte en voix off avec Nicole Colette ; Jean-Claude Brialy participe au tournage. Les 2 films sont diffusés en 1ère partie avant Lola de Jacques Demy.

1959 : A bout de souffle, inspiré d’un fait réel. Sur une suggestion de Jean-Pierre Melville, comme le film est trop long, le metteur en scène fait des coupes à l’intérieur des plans et cela confère à l’ensemble un rythme particulier. Le succès est grand et ce long-métrage est fondateur de la nouvelle vague, récompensé par un Ours d’argent, les prix Méliès et Jean Vigo. François Truffaut est à l’origine de l’idée et Claude Chabrol conseiller artistique. Jean-Pierre Melville y est un écrivain. Tourné en lumière naturelle, caméra sur l’épaule, il filme Jean Seberg ( A.Karina avait refusé le rôle) et Jean-Paul Belmondo. C’est le seul film pour lequel il n’a pas choisi le titre avant d’élaborer son travail et il ne l’aimait pas. L’année suivante, Le petit soldat avec Michel Subor et Anna Karina est interdit par la censure jusqu’en 1963. Film ambigu politiquement, il montre un déserteur de l’armée française qui travaille pour un groupe terroriste d’extrême droite en Suisse. Il déclare : « Mon film est celui de la génération qui regrette de n’avoir pas eu 20 ans au moment de la guerre d’Espagne » et «  puis c’est un film sur la confusion, il fallait bien que je la montre ».

Il épouse Anna Karina le 3 mars 1961 en Suisse et ils tournent ensemble 7 films. Leur divorce est prononcé le 21 décembre 1964. Une femme est une femme les réunit ; elle obtient le prix d’interprétation féminine et joue aux côtés de Jean-Paul Belmondo (qui évoque dans le film A bout de souffle) et Jean-Claude Brialy : dans cet hommage à la comédie musicale, Ours d’argent à Berlin, Angéla veut un enfant et pas Emile. Elle lui fait craindre de l’avoir avec leur ami Alfred. Il tourne également un sketch La paresse dans Les 7 péchés capitaux avec Eddy Constantine qui joue son propre rôle.

Il considère le cinéma comme un moyen de connaissance et a une grande admiration pour ceux qui savent d’où sa fascination pour ceux « qui savent » et pour les citations qu’elles soient littéraires, picturales (tableaux de Renoir) ou musicales. Quand il fait un film, il s’instruit : «  Je suis simplement celui qui met en relation Chandler et Dostoïevski dans un restaurant, un jour (…) ». A la question : Que cherchez-vous en faisant des films, il répond : » On cherche d’abord à satisfaire son instinct. Quelque chose comme la chasse pour les animaux carnivores ». La mise en abyme est très fréquente par l’intermédiaire de personnages qui parlent de cinéma, y vont ou tournent un film.

En 1962, Vivre sa vie, dont il dit : «  Je ne savais pas exactement ce que j’allais faire » est une étude sur la prostitution, en 12 tableaux à la manière d’un reportage, avec Anna Karina. Présenté à Venise, il remporte le prix spécial du jury et de la critique. Tous 2 apparaissent dans Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda. Sort la même année Le nouveau monde avec Alexandra Stewart et Jean-Louis Bory. En 1962-1963, il adapte une pièce italienne et coécrit le scénario avec Roberto Rossellini : Les carabiniers, tourné en 3 semaines avec des acteurs inconnus, traite de l’incompatibilité de la guerre avec la plus élémentaire dignité humaine. C’est un échec. Jean Seberg et Charles Denner figurent dans un sketch Le grand escroc dans Les plus belles escroqueries du monde. En 1963, il adapte très librement le roman d’Alberto Moravia Le mépris avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli et Jack Palance. Dans ce film à gros budget sur l’univers du cinéma on aperçoit une affiche de Vivre sa vie. Il tourne ensuite avec Macha Méryl Une femme mariée (suite de Une femme est une femme) et dont il doit pour échapper à la censure adopter l’article Une au lieu du La d’origine et remanier certaines scènes. 1964 est également l’année de Bande à part « western de banlieue » inspiré d’un roman de série noire. L’année suivante, succès commercial avec Pierrot le fou avec Anna Karina et Jean-Paul Belmondo est considéré comme le précurseur du road-movie avec cet aventurier contraint de vivre dans un monde absurde. Tourné en 8 semaines il devait au départ rassembler Sylvie Vartan et Michel Piccoli. En 1965, Alphaville, une étrange aventure de Lemmy caution avec Eddie Constantine est tourné de nuit, sans éclairage, en noir et blanc avec une pellicule très sensible qui offre de très nets contrastes. Masculin Féminin avec Jean-Pierre Léaud (qui joue dans 7 films et se nomme ici Paul Doinel), Chantal Goya (dont le personnage parle de Pierrot le fou) et Marlène Jobert réunit 2 nouvelles de Guy de Maupassant. 2 ou 3 choses que je sais d’elle traite encore du thème de la prostitution avec Marina Vlady. Il tourne Week-end avec Jean Yanne et Mireille Darc. One plus one suit la tournée en Grande-Bretagne des Rolling Stones avec des scènes sans aucun rapport avec les enregistrements.

En 1967, il rencontre une jeune étudiante de Nanterre, Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, qui lui fait découvrir ce milieu. Ils se marient en juillet. Elle racontera plus tard leur vie commune dans 2 récits. Ils divorcent en 1970. La Chinoise, présenté lors du festival d’Avignon et à Venise, est une tentative cinématographique sur la naissance des groupes maoïstes en milieu étudiant. En 1968, il se marginalise, tente de faire un cinéma politique (déjà dans les années 60 il avait basculé à gauche) et s’engage dans différentes luttes du moment. Il attaque André Malraux quand celui-ci interdit la sortie de La religieuse de Diderot de Jacques Rivette et obtient gain de cause. Il signe ses films «  groupe Dziga Vertov » (dissous en 1973). Vent d’Est est au début du projet un «  western d’extrême gauche » avec Marc O’ et Daniel Cohn-Bendit. Il suscite de nombreuses divisions au sein des protagonistes. C’est la 1ère fois que Godard est acteur. Ses prises de position entraînent l’annulation du projet commandé par l’ORTF, Le gai savoir avec Jean-Pierre Léaud et Juliet Berto. Il prend part activement à la manifestation organisée contre le renvoi d’Henri Langlois et celui-ci est finalement réintégré. Avec Claude Lelouch, Alain Resnais, François Truffaut et Louis Malle, il exige l’arrêt du festival de Cannes.

Il revient, en 1972, à la production commerciale avec Tout va bien, réunissant Jane Fonda et Yves Montand, film sélectionné à Cannes et refusé à Venise. Il est victime d’un très grave accident de moto et rencontre Anne-Marie Miéville, photographe sur le plateau du film précédemment cité. L’année suivante marque sa rupture avec François Truffaut à la suite d’une lettre où il dénigre La nuit américaine tout en demandant une aide financière pour son prochain film. La réponse de l’auteur des 400 coups est violente. Avec Anne-Marie, il expérimente dès 1974 la vidéo et s’éloigne du cinéma. Ils s’installent à Grenoble où ils montent un studio-vidéo et il crée la société Sonimage. Ici et ailleurs utilise les images tournées en Palestine en 1969 celles de Jusqu’à la victoire resté inachevé. Il fait un tournage vidéo qu’il transfère sur argentique de la vie quotidienne de 3 générations à Grenoble ; c’est un échec. En août 76, la télévision lui commande une série : Six fois 2 et Sur et sous commande. IL ferme sa société sans prévenir le personnel et sera condamné pour cela.

Il s’installe à Rolle en Suisse près de Nyon. Antenne2 lui commande en 1977 un programme mais il se détourne, comme à l’habitude, du projet ; l’émission ne sera diffusée qu’en 1980. Il s’agissait de commémorer le livre Le tour de France par 2 enfants devenu France tour détour 2 enfants. En 1979 il réunit Jacques Dutronc et Isabelle Adjani dans Sauve qui peut la vie.

En 1980 il se consacre à Histoire (s) du cinéma, fresque philosophico esthétique dont la sortie est rendue difficile par les droits d’auteur ; ce sera achevé fin 1998. «  J’ai fait une échographie de l’Histoire par le biais du cinéma ». Nommé en 1981 pour recevoir l’ordre national du Mérite, il refuse : «  Je n’aime pas recevoir d’ordre et je n’ai aucun mérite ».En 1982, il fait son retour au cinéma et réalise 7 films en 7 ans. Pour Passion, il rencontre Myriem Roussel dont il se rapproche et envisage plusieurs projets avec elle ; Isabelle Huppert et Michel Piccoli donnent la réplique à Hanna Schygulla avec laquelle il voulait tourner. Mais Je vous salue Marie, transposition d’un livre de Françoise Dolto, suscite scandale et indignation des catholiques de France et d’Amérique latine. En même temps, il joue le rôle d’un cinéaste interné dans un film de sa compagne. En 1983, Prénom Carmen, où il substitue à la musique de Bizet celle de Beethoven lui vaut un Lion d’or d’honneur et celui du meilleur film à Venise. C’est un énorme succès commercial où Isabelle Adjani, partie en cours de tournage, est remplacée par Maruschka Detmer ; Godard y joue son propre rôle. En 1985, il réunit Johnny Halliday, Nathalie Baye, Claude Brasseur et Jean-Pierre Léaud dans Détective, présenté à Cannes et grand succès en salle.

En 1986, il réalise pour la télévision Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma avec les 2 Jean- Pierre : Mocky et Léaud. Dans Soigne ta droite, comédie avec Jacques Villeret, Dominique Lavanant et Michel Galabru, il est un cinéaste idiot. Il reçoit en 1987 un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il tourne avec Alain Delon Nouvelle vague en 1990 puis Allemane 90 neuf zéro. Gérard Depardieu joue sous sa direction en 1993 Hélas pour moi. Nouveau César en 1998 pour l’ensemble de son œuvre. Pour le 100 ème anniversaire de la naissance du cinéma, il réalise 2 x 50 ans de cinéma français avec Anne-Marie Miéville dont il a été acteur pour ses réalisations : Nous sommes tous encore ici et Après la réconciliation.

En 2001 sort Eloge de l’amour commencé en 1996 ; faible succès et faible écho. Notre musique en 2004. En 2006 est inaugurée au centre Pompidou une exposition inachevée pour laquelle il a carte blanche mais dont le projet est financièrement irréalisable : Voyage (s) en utopie. A la recherche d’un théorème perdu. L’ensemble de sa carrière est récompensé en 2010 par un Oscar d’honneur. Quelqu’un a dit à cette occasion : «  Il n’a pas seulement bouleversé les règles. Il les a écrasées en voiture avant de repasser dessus en marche arrière pour être sûr qu’elles étaient bien mortes ». Bien que restant un cinéaste controversé, iI a influencé, au cours de sa vie de cinéaste Jean Eustache, Philippe Garrel et également des Américains comme Martin Scorcese, Francis Ford Coppola, Brian de Palma, Georges Lucas. Quentin Tarentino a appelé sa société de production A Band Appart en référence à lui.

Toujours en 2010, il rend hommage à Eric Rohmer dans un film de 3m 26 dans lequel il est la voix off. Il expérimente la 3 D avec un court-métrage Les 3 désastres puis un long-métrage Adieu au langage qui reçoit le prix du jury à Cannes en 2014. Le livre d’image remporte 4 ans plus tard une palme d’or spéciale mais il ne vient pas chercher sa récompense.

Il meurt à Rolle le 13 septembre 2022 après avoir eu recours au suicide assisté (pratique légale en Suisse) pour des polypathologies invalidantes et sera incinéré deux jours plus tard.

........................................................................................................................................Claudine

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