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16 novembre 2022 3 16 /11 /novembre /2022 19:02

 Sur cette île baptisée Formose par les Portugais, il fait partie des 4 courants du cinéma chinois avec Singapour et Hong-Kong. La colonisation japonaise (1895-1945) a eu une grande influence et le cinéma a été considéré comme un cinéma colonial. Le 1er « vrai » film taïwanais date de 1925: Whose fault is it. L’interruption due à la guerre donne l’idée d’un cinéma régional, marginal ou vassal. Une renaissance s’opère après la fin de la guerre civile quand de nombreux réalisateurs favorables à Tchang Kaï- chek rejoignent l’île où il s’était réfugié. Les films sont tournés dans la langue officielle, le mandarin. En 1960, Lü Su-shang, ancien commentateur de films, rédige une première histoire du cinéma taïwanais, ouvrage édité avec précaution pour la garantie de la rectitude idéologique car publié durant la Terreur blanche. L’année suivante, Li Han Hsiang tourne La concubine magnifique (pastiche d’une autre réalisation sur une impératrice), puis La reine diabolique. Tous deux sont en scope couleurs avec des  éclairages flamboyants qui mettent en valeur le rôle de femmes fatales sur une touche très appuyée d’érotisme. Au contraire, la réalisatrice Shu Shuen produit en 1968 L’arche, en noir et blanc, œuvre calligraphiée toute en demi-teintes. En 1963, le gouvernement crée le Central Motion Picture Corporation ; le mélo dit du « réalisme sain » doit aider à construire des valeurs morales traditionnelles. Dans le même temps apparaissent des films d’arts martiaux. Entre 1964 et 1983 environ 50 films sont adaptés des romans sentimentaux de Giong Yao, auteure à succès. Puis ce courant disparaît progressivement et la censure se relâche fin1970 pour laisser place à des réalisations de violence masculine. Touch of zen de King Hu est présenté à Cannes l’année suivante et, par ses accents de spiritualité (Wuxiapan : arts martiaux) se démarque des films de karaté. Le CMPC apporte son aide aux jeunes réalisateurs pour lutter contre l’entrée en force des films hongkongais. Le cinéma de l’île est officiellement reconnu en 1980. In our time de 4 réalisateurs (Edouard Yang,Tao De-chen, Ke I-jheng et Jhang Yi) annonce la nouvelle vague tout comme Growing Up de Chan Kunhou (né en 1939). Ce courant offre une vision authentique de la vie urbaine et rurale, avec les conflits contre l’autorité nés de l’urbanisation. Hou Hsiao réalise La cité des douleurs, sur les conflits entre les Taïwanais et le gouvernement nationaliste chinois et obtiendra un Lion d’or à Venise. Edouard Yang, précédemment cité, est un des chefs de file de ce renouveau : Taipei story (1985) et Confusion chez Confucius (1994 ; remasterisé il est présenté en avant-première à la Mostra en 2022). Le thème commun est la lutte entre les valeurs traditionnelles et le matérialisme chez les jeunes citadins. Le tournage se fait dorénavant en taïwanais et en hakka et plus seulement en mandarin pour mettre l’accent sur l’identité occultée. Une nouvelle histoire du cinéma est écrite par un chercheur en 1988 (complétée en 2008) ; on y trouve les termes de la précédente publication pour réaffirmer les liens géographiques et la proximité consanguine avec la Chine. Une nouvelle vague se fait jour, un peu moins sérieuse et plus accessible. Vive l’amour de Tsai Ming-liang est récompensé d’un Lion d’or en 1994 et c’est à Berlin que The peach blossom land de Stand Lai est honoré. Ang Lee, né en 1954, réalisateur, scénariste et producteur, est connu pour sa capacité à changer de genres : Pushing hands (1991), Garçon d’honneur (1993-Ours d’or), Salé, sucré (1994),Tigre et dragon (2000 ; immense succès et Oscar du meilleur film étranger), Hulk (2003), Le secret de Brokeback Mountain (2005 ; Lion d’or et Oscar du meilleur réalisateur), L’odyssée de Pi (2012 ; Oscar du meilleur réalisateur). Le succès de Capo N°7 de Wei-Te-Sheng en 2008 dope l’industrie cinématographique. Manga (2010) de Doze Niu connaît un grand succès tandis que le film d’Arwin Chen Au revoir Taipei est primé à Berlin. Le cinéma est une oscillation permanente entre marginalité (mise à l’écart politique sur la scène internationale) et centralité (place à l’échelle mondiale). Les réalisateurs Hou Hsiao-hsien, Edouard Yang, Tsai Ming-liang et Ang Lee sont considérés comme des maîtres au niveau international mais occupent localement cette position marginale. La Mostra de 2022 présente neuf films et projets au Taïwan in Focus dans trois catégories et un Pavillon de l’île abrite également des maisons d’édition.


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LES FLEURS DE SHANGAÏ 

film de Hou Hsiao-hsien d’après le roman de Bang quing Han.

Sélectionné en compétition à Cannes en 1998.

Résumé : Entre opium et mah-jong, les hommes se disputaient, dans le Shangaï du XIXème siècle, les faveurs de courtisanes appelées Les fleurs de Shangaï. Wang, un haut fonctionnaire, fréquente 2 d’entre elles, Rubis et Jasmin et est partagé.

Le réalisateur : (HHH), né le 8 avril 1947, enfant déjà il aime regarder les films, les spectacles de marionnettes et les opéras chinois dans le temple taoïste près de chez lui. Durant ses permissions lors du service militaire il continue à visionner des longs métrages. Il travaille dans une usine à Tapei puis, ensuite, sort diplomé de l’Académie nationale des arts dans la section théâtre et cinéma et devient assistant scénariste puis assistant réalisateur. Son 1 er film important est Les garçons de Fengkwei en 1983, suivi de 3 autres à caractère autobiographique (Les poussières du vent, le voyage du ballon et Un été chez grand-père). Cute girl en 1980 est une comédie qui sera suivie de 2 autres. Il obtient en 1984 la Montgolfière d’or au festival des 3 continents à Nantes. En 1989, La cité des douleurs, sur Taïwan, reçoit un Lion d’or. Il s’intéresse à l’histoire troublée de l’île au siècle dernier. En 1993, Le maître de marionnettes se voit attibué le prix du jury à Cannes. L’intrigue des films est réduite au maximum, avec de très longs plans-séquence et peu de mouvements de caméra réalisés en une seule prise. Le jeu des acteurs est naturel et dépouillé ; il improvise beaucoup : «  Je fonctionne à l’instant ». Ses autres réalisations sont : Millennium Mambo, prix du jury à Cannes en 2001 (film qui a révélé l’actrice Shu Qi), Café lumière en 2003, Three times en compétition à Cannes en 2005, The assassin auquel un prix de la mise en scène est décerné dans cette ville en 2015. 7 de ses films sont récompensés mais il ne décroche jamais la Palme. Son œuvre, peu montrée en occident, a fait l’objet d’une rétrospective à la cinémathèque en 2016. Il est apparu à 4 reprises comme acteur et produit les films de Zhang Yimou. Il est considéré comme le chef de file du cinéma d’auteur dans son pays.

Interprètes du film :

Wang par Tony Leung (de son vrai nom Leung Chiu-Wai), né en 1962, est un acteur et chanteur hongkongais. Récompensé par de nombreux prix dont celui d’interprétation masculine à Cannes pour In the mood for love. Il est marié depuis 2008 avec Carina Lau (Perle), de son vrai nom Lou Kan-ling, actrice et chanteuse de Hong-Kong née en Chine ; elle commence sa carrière à la télévision après son arrivée à Hong-Kong à l’âge de 15 ans. Ses films : Duke of Mount Deer en 1984, Her beautiful life lies en 1989, Nos années sauvages de Wong Kar-wai en 1991, Intimates en 1997 ; elle joue une androïde en 2004 dans 2046, incarne le rôle de Sarah Jessica Parker dans Sex and the city pour la version hongkongaise et tourne en 2013 dans Bends.

Rubis par Michoko Hada, actrice japonaise née en 1968.

Emeraude par Michelle Reis est originaire de Hong-Kong (où elle est devenue miss à l’âge de 18 ans), née en 1970 à Macao ; elle porte également le nom de Michelle Lee. 1990 : No risk, no gain de Wong Jing et 1995 Les anges déchus. Elle est mariée avec un magnat de Hong-Kong qui a vécu avec Carina Lau.

.........................................................................................................................Claudine

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