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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 19:24

 

 

 

 

Pour l’anniversaire de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, le 15 janvier 1622, voici un petit aperçu des adaptations tant cinématographiques que télévisuelles.

Très vite, dès les débuts du 7ème art, l’auteur a inspiré les réalisateurs. En 1908, Georges Méliès tourne L’avare (5 minutes et 5 secondes) tandis que Piero Fosco réalise un Tartuffe. Le même titre est choisi en 1910 par Albert Capellini. Emile Chautard (1864-1934) réalise Le médecin malgré lui dans lequel joue Maurice de Féraudy, acteur, cinéaste et sociétaire de la Comédie française. André Calmettes, acteur et réalisateur  qui fut dès 1908 le 1er à avoir l’idée de placer une musique en accompagnement (Camille Saint-Saens sur L’assassinat du duc de Guise) se consacre à l’Avare

En 1978, Ariane Mnouchkine, assistée d’Elie Chouraqui,  narre la vie du dramaturge de ses débuts à sa gloire dans une longue fresque produite par Claude Lelouch. Philippe Caubère est entouré entre autres de Roger Planchon et Daniel Mesguich. Jacques Villeret et Jean Carmet ont joué dans des scènes coupées au montage. Senlis sert de cadre comme la Cartoucherie de Vincennes.

En 2007, Laurent Tirard utile un vide dans la biographie du jeune directeur de l’Illustre Théâtre qui se retrouve en prison pour dettes. Il en est tiré par monsieur Jourdain qui veut s’attacher ses services pour séduire Célimène. A la fin du film, Molière (Romain Duris- globe de cristal) retrouve sa troupe et ils partent pour une longue tournée en province qui ne verra leur retour à Paris qu’en 1658. Avec Fabrice Luchini, Laura Morante, Edouard Baer et Ludivine Sagnier. Le Mans, Vaux le Vicomte, l’abbaye de Chaalis, Senlis et Noyons servent de décor à ce récit.

L’AVARE : En 1980, Louis de Funès réalise enfin son rêve, poursuivi depuis 1950, d’interpréter le personnage d’Harpagon Avec Jean Girault, il conçoit ce film dont il supervise l’ensemble et qui est tourné dans l’ordre chronologique. Michel Galabru, Bernard Menez et Claude Gensac campent d’autres personnages et la ville de Senlis a accueilli le tournage.

En 1990, Tonino Cervi, qui avait adapté en 1979, Le malade imaginaire, retrouve 2 de ses acteurs, Alberto Sordi et Laura Antonelli auxquels il adjoint Marie Laforêt et Christopher Lee pour son long métrage L’avaro.

La télévision propose 5 adaptations de la pièce entre 1966 et 2009 dont l’une est due à Christian de Chalonge qui a réalisé l’année précédente un téléfilm Le malade imaginaire avec Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Didier Bénureau et Armelle Deutsch.

LE BOURGEOIS GENTILHOMME : En 1958, Jean Meyer filme la pièce qu’il a mise en scène à la Comédie française en 1951 avec Louis Seigner, Robert Manuel, Jacques Charron, Georges Chamarat et Jean Piat.

En 1982, Roger Coggio, qui tient le rôle de Covielle, réunit Rosy Varte, Michel Galabru et Jean-Pierre Darras (tous 3 présents dans Le viager de P. Tchernia) autour de Ludmilla Mikaël, Robert Manuel, Etienne Chicot et Franck David (déjà présent dans L’Avare). Didier Bourdon fait sa 1ère apparition sur grand écran. La musique est signée par Jean Bouchéty et le générique interprété par Michel Sardou.

6 téléfilms sont réalisés par Pierre Badel, Dirk Sanders, Y.A. Hubert et C. de Chalonge.

En 1984,  Roger Coggio joue le valet malicieux dans Les Fourberies de Scapin où il retrouve Michel Galabru et Jean –Pierre Darras accompagnés de Fanny Cottençon et Maurice Risch.

Jean Kerchbron filme la pièce pour le petit écran en 1956 et en 1965.

L’ECOLE DES FEMMES : En 1940, Max Ophüls entame en Suisse où Louis Jouvet s’est replié le tournage de cette pièce avec Madeleine Ozeray. Des désaccords entre les 3 font que le film n’a jamais été terminé. Les 25% tournés ont disparu.

Raymond Rouleau filme pour la télévision Bernard Blier et Isabelle Adjani en 1973 tandis que, 10 ans plus tard, Ingmar Bergman qui n’est pas le metteur en scène, filme le travail de son ami Alf Sjöberg, cinéaste lui-même. Au décès accidentel de ce dernier durant les répétitions, la troupe essaie de respecter la volonté du créateur. Ce n’est ni tout à fait une restitution, ni tout à fait du cinéma. Tout vient de la technique du montage et de l’utilisation du champ/contre-champ.

 

MONSIEUR de POURCEAUGNAC : En 1932, Tony Lekain et Gaston Ravel tournent avec Armand bernard, Josseline Gaël et A.Pasquali. E, 1985, c’est Michel Mitrani qui filme Michel Galabru, Fanny Cottençon, Jean-Paul Roussillon et Roger Coggio qui assure la production.

 La réalisation de Jean Kerchbron est diffusée sur la RTF le 25 janvier 1958.

 LE TARTUFFE : En 1926 F.W. Murnau réalise un film de 74 minutes qui raconte qu’un vieux conseiller est dupe de l’hypocrisie de sa servante ; son petit-fils, pour lui ouvrir les yeux, lui projette une comédie filmée Tartuffe. L’impudente, démasquée, est chassée à la fin de la séance.

 En 1984, Gérard Depardieu  filme sa 1ère réalisation et tient le rôle titre en compagnie de François Périer et Elisabeth Depardieu ; il fait du personnage un séducteur maléfique et pervers.

3 réalisations télévisées dont celles de Jean Meyer en 1962 et de Marcel Bluwal en 1971.

DON JUAN : En 1998, Jacques Weber tient le rôle titre dans son unique réalisation avec un texte revu et «  déconstruit ». Il s’entoure de Michel Boujenah, Emmanuelle Béart, Penelope Cruz, Michael Lonsdale et Jacques Frantz.

 

De son côté, le suédois Ingmar Bergman filme la même année la pièce qu’il a mise en scène au théâtre dramatique royal de Stockholm.

Petit clin d’œil avec le film de Roger Vadim en 1973 Don Juan ou Si don Juan était une femme ou Don Juan 73. Brigitte Bardot, Maurice Ronet, Jane Birkin, Mathieu Carrière et Robert Hossein sont les protagonistes de ce récit où une jeune femme séductrice et sensuelle court de proie en proie. Pierre, qu’elle entraîne pour le perdre, manque de périr dans les flammes ; voulant le sauver c’est elle qui y restera.

LE MISANTHROPE : Cette pièce a fait l’objet de nombreuses adaptations télévisées : 11 fois entre 1959 et 2006 : celle de Jean Kerchbron est  diffusée le 28 septembre 1959 (Georges Dandin est diffusé en 1953 puis en 1982). En 1971, Pierre Dux filme Jean Rochefort ; Marcel Bluwal Didier sandre ; le téléfilm suédois d’I. Bergman sort en 1974. Jacques Weber se met en scène avec Romane Bohringer et Marie Trintignant en 1994 ; Francis Girod confie le rôle principal à Denis Podalydès  en compagnie de Guillaume Gallienne et Clotilde de Bayser en 2000.

En 2013, Philippe Leguay filme dans l’île de Ré Fabrice Luchini et Lambert Wilson dans Alceste à bicyclette. Un acteur de cinéma et de télévision effectue un voyage pour décider son ami à remonter sur les planches qu’il a totalement et brusquement quittées pour jouer le rôle principal du spectacle qu’il veut créer.

................................................................................................................................Claudine

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 18:32
JEAN-JACQUES BEINEIX : Réalisateur, écrivain, dialoguiste, scénariste et producteur de cinéma.1946-2022

 

 

 

 

 

 

Né le 8 octobre 1946 à Paris, il fait ses études au lycée Carnot et à Condorcet avant de commencer des études de médecine abandonnées après mai 68. Il échoue de peu au concours d’entrée de l’IDHEC (qui devient la FEMIS et qu’il présidera en 1994). En 1969, il devient second puis 1er assistant de Jean Becker sur la série télévisée Les saintes chéries avec Micheline Presle et Daniel Gélin. En 1971, René Clément, dont il est l’assistant, tourne La course du lièvre à travers les champs avec Robert Ryan et Jean-Louis Trintignant. En 1973, Nadine, l’épouse de l’acteur, réalise Défense de savoir sur un scénario coécrit avec Alain Corneau et Marc Simenon Par le sang des autres. Ce sont ensuite des participations en tant qu’assistant réalisateur avec Claude Zidi : 1975 : La course à l’échalote avec Pierre Richard et Jane Birkin ; 1976 : L’aile ou la cuisse ; 1977 : L’animal.

En 1977, son 1er court métrage Le chien de M. Michel obtient le 1er prix au festival de Trouville. Il réalise son 1er film en 1980 : Diva, adapté d’un roman de Daniel Odier. Il laisse libre cours à l’image de l’esthétique de type publicité ou clip musical. Très critiqué à sa sortie, qualifié de «  cinéma du look » à cause de son réalisme poétique, le film avec ses mouvements de caméra inhabituels et sa photographie très soignée (un César) doit son succès aux 3 autres récompenses de cette soirée : meilleure œuvre, meilleure musique (Vladimir Cosma) et meilleur son. Les interprètes en sont : Frédéric Andrei, Richard Bohringer, Jacques Fabbri, Gérard Darmon et la cantatrice Wilhelmina Wiggins Fernandez. Dominique Besnehard, agent artistique précise : «  C’est lui qui m’a fait confiance pour le casting. Nous voulions Gainsbourg dans le rôle de Richard Bohringer et nous avions même auditionné Florent Pagny pour le 1er rôle du postier. »

En 1983, il tourne à Cinecitta La lune dans le caniveau d’après le roman de David Goodis The moon in the gutter. Le film réunit Nastassja Kinski (qui refusait de se laisser embrasser par Gérard Depardieu) et Vittoria Abril (elle obtient le rôle après le refus de Diahne Abbott, épouse à l’époque de Robert de Niro de se déshabiller). Bien qu’ayant reçu le César des meilleurs décors, le film est très mal reçu lors de sa présentation à Cannes ( la critique n’apprécie pas les couleurs criardes, les cadrages bizarres) et c’est un échec commercial. Le réalisateur dit : «  Un film qui est un véritable accomplissement, j’y mets tout tout tout et à Cannes, c’est une avalanche de haine(…) La blessure est là. Ce qui fait que j’ai arrêté aujourd’hui, ça a commencé là ! ».

En 1984, il fonde sa propre société de production Cargo films et produira ainsi des longs métrages et des documentaires sur la science, l’art, le droit des femmes. En association avec le CNES c’est Cosmic Connexion en 2006 (la même année que Allez Yallah ! de J.P. Thorn et que Requiem for Billy the Kid d’Anna Feinsilber) et avec le CNRS L’énigme du 2ème tableau l’année suivante.

En 1986, il produit et réalise 37°2 le matin d’après le roman éponyme de Philippe Djian, dont le titre vient de la température d’une femme enceinte au réveil. Il écrit le scénario en pensant à Gérard Lanvin et Valérie Kaprisky mais préfère une inconnue : Béatrice Dalle (la production veut I. Adjani ou J. Binoche). Elle partage l’affiche avec Jean-Hugues Anglade, Clémentine Célarié, Vincent Lindon et Dominique Besnehard. C’est son plus grand succès et le film devient culte. Nommé aux Oscars pour le meilleur film étranger, il est récompensé par le grand prix des Amériques et le film le plus populaire lors du festival de Montréal ; un Golden Space Needle du meilleur réalisateur est attribué au festival international du film de Seattle en 1992. Un César est décerné à l’affiche. C’est le 1er grand succès du compositeur Gabriel Yared qui se souvient : « Après Godard, c’est lui qui m’a fait confiance pour que je puisse composer les musiques de ses films. Nous avons eu une collaboration merveilleuse.(…)Il m’a laissé composer avant de tourner le film.(…) Beineix était quelqu’un de profondément musicien, il était tout à fait éclectique(…) Jamais je ne me suis senti aussi bien compris qu’avec lui. »

En 1986, il réalise dans le cadre des élections législatives un Clip socialiste. Son 3ème long métrage s’intitule Roselyne et les lions avec Isabelle Pasco ; l’histoire de ce couple qui finit par être engagé dans un cirque, elle comme dresseuse et lui (Gérard Sandoz) comme entraîneur est un échec.

En 1992, il réalise ce que lui considère comme son meilleur film : IP 5 (Ile aux Pachydermes ; le 5 pour cette 5ème réalisation). Olivier Martinez, Géraldine Paihas et Colette Renard entourent Yves Montand qui, comme son personnage, décède d’un infarctus. Cette mort, à l’hôpital de Senlis, fait suite à une baignade avec combinaison de plongée dans un des étangs de Commelles près de Chantilly. Une doublure est engagée pour terminer les 15 jours de tournage et le personnage est filmé de dos. Des rushes sont utilisés et le scénario subit d’importantes retouches. De son interprète, le réalisateur dit : «  J’aimais beaucoup cet homme pour plein de raisons. Beau, malin, charmeur, roublard…de toutes les personnes que j’ai filmées, c’est sans doute l’acteur le plus doué avec Gérard Depardieu ! ». La polémique liée au décès contribue à l’échec du film. Il réalise ensuite des documentaires : Les enfants de Roumanie en 1992 ; Otaku, fils de l’empire virtuel en 1993 ; Place Clichy sans complexe en 1994 ; Assigné à résidence en 1997 et en 2012 Les Gaulois au-delà du mythe.

En 2001, après 9 ans d’absence, sa dernière œuvre connaît le même sort et entraîne son endettement car il l’avait financée à 90%. Mortel transfert est un thriller basé sur un roman de J.P. Gattégno(2001) : la patiente d’un psychanalyste se fait étrangler pendant une consultation durant laquelle le thérapeute s’est endormi. Avec Hélène Fougerolles, Jean-Hugues Anglade, Robert Hirsch, Catherine Mouchet, Yves Rénier et Denis Podalydès.

Il se tourne alors vers la télévision en tant que réalisateur et producteur. Loft paradoxe en 2002 après le succès de Loft Story est un documentaire  sur ce « phénomène qui catalyse les questions d’une société en manque d’identité ». Il refuse des propositions à Hollywood : Le nom de la rose ; Evita ; Alien 3. Il s’écarte du projet d’adaptation de Chapeau melon et bottes de cuir après avoir critiqué le scénario. Il signe 2 Bd dessinées par B. de Dieuleveult et adaptées d’un roman de Marc Behm La vierge de glace : Château de vampire à vendre en 2004 et Vampire à louer en 2006.

En 2006, il écrit le 1er tome volumineux de ses mémoires Les chantiers de la gloire (allusion au film de Stanley Kubrick en 1957), récit de 835 pages qui part de son enfance et donne un témoignage sur la production et le tournage de ses 3 premiers films et dont la seconde partie ne sera jamais rédigée. « J’aime l’écriture, j’aime écrire comme j’aime cadrer ». En 2008, après avoir réalisé un film de présentation pour le CNRS, il parraine le festival CinémaScience organisé à Bordeaux par ce centre de recherches. Son projet d’adapter le roman de Pierre Lemaître Au revoir, là haut est un échec ; Albert Dupontel le réalise en 2017. Il possède les droits du livre Le démon de Hubert Selby Jr et souhaite en faire l’adaptation ainsi que celle de Longtemps je me suis couché de bonne heure de JP Gattégno( auteur de Mortel transfert). En 2015, il fait sa 1ère mise en scène d’une biographie musicale inspirée de la vie de Kiki de Montparnasse (1901-1953) au Lucernaire. L’année suivante, il est président du jury au festival du film de Tokyo. En 2020, il publie un roman Toboggan : «  Il ne s’agit pas d’un récit mais d’ »un collage » de plusieurs réflexions d’un homme qui vieillit… et qui ne trouve pas ça très bien ». «  J’ai rêvé plein de choses et j’ai réalisé plein de mes rêves. Et j’ai rêvé d’amour surtout, j’ai rêvé de la femme absolue, de la relation d’amour absolue ».

........................................................................................................................Claudine

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 20:03
SIDNEY POITIER : acteur et réalisateur (1927-2022)

 

 

 

 

 

SIDNEY POITIER fut classé au 22ème rang des plus grands acteurs par l’American Film Institute, militant pour les droits civiques américains.

Son nom d’origine française vient d’un lointain aïeul anglais lors des conquêtes normandes, venu sur l’île de Cat aux Bahamas comme planteur. Ses esclaves, comme l’exigeait la coutume, portent son nom.

L’acteur naît le 20 février 1927 à Miami en Floride à la suite d’un déplacement de ses parents, cultivateurs de tomates ; ceci lui confère la double nationalité. Il quitte l’école de son île à 12 ans puis est envoyé aux Etats Unis par son père qui veut lui donner sa chance ; il arrive à New York avec 3 dollars en poche et quand il intègre l’Actors Studio il fiance ses cours en y étant concierge.

Il tourne une cinquantaine de films et débute en 1950 avec La porte s’ouvre de Joseph L.Mankiewicz.

Il tient le rôle du révérend Msimangu dans Pleure, ô pays bien aimé de Zoltan Korda d’après le roman d’Alan Paton (1948). Il tourne en 1955 Graine de violence de Richard Brook qu’il retrouve 2 ans plus tard avec Le carnaval des dieux. En 1957, Raoul Walsh réalise L’esclave libre et Martin Ritt L’homme qui tua la peur puis Paris blues en 1961. L’année suivante, Stanley Kramer met en scène La chaîne où son rôle de fugitif lié à Tony Curtis lui vaut une nomination pour l’Oscar ; il reçoit l’Ours d’argent à Berlin et le Bafta du meilleur acteur étranger. Sous la direction du même réalisateur, il est en 1967 le docteur John Prentice aux côtés de Spencer Tracy et Katharine Hepburn (Oscar de la meilleure actrice) dans Devine qui vient dîner.

Il joue le principal rôle masculin pour Otto Preminger dans Porgy and Bess en 1951. Puis c’est Un raisin au soleil de Daniel Petrie, adaptation de la pièce du même nom jouée pour la 1ère fois à Broadway en 1959 (film conservé au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès).

En 1963, après avoir tourné pour Jack Cardiff Les drakkars, il reçoit l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle de Homer Smith dans Le lys des champs de Ralph Nelson et dit lors de la réception de la statuette qu’il est le premier acteur noir à obtenir : «  Le voyage a été long pour en arriver là ».

Un Ours d’argent et un Golden Globe s’ajoutent à ce succès. Les 2 hommes travaillent encore ensemble en 1966 pour La bataille de la vallée du diable et en 1975 avec Le vent de la violence. Il est Simon de Cyrène dans La plus grande histoire jamais contée de Georges Stevens en 1965 et tourne pour Sidney Pollack 30 minutes de sursis.

En 1967, il est star masculine de l’année et devient l’inspecteur Virgil Tibbs dans La chaleur de la nuit de Norman Jewison avec Rod Steiger et reprend le costume du policier en 1970 pour Appelez-moi monsieur Tibbs de Gordon Douglas et un an plus tard dans L’organisation de Don Medford. En 1968, il reçoit le prix du meilleur acteur au festival de Saint-Sébastien pour Mon homme (For the love of Joy) de Daniel Mann et le partage avec Claude Rich pour Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais. En 1969, Robert Alan Aurthur tourne L’homme perdu.

En 1982, il reçoit aux Golden Globes le Cecil B. DeMille Award (qui récompense les artistes pour l’ensemble de leur carrière et parfois aussi pour leur engagement humanitaire ; en 2020, Jane Fondaa succédé à Tom Hanks). En 1987 c’est Randonnée pour un tueur de Roger Spottiswoode, en 1992 Les experts de Phil Alden Robinson et en 1997 Le chacal de Michael Caton-Jones.

L’ensemble de sa carrière est récompensé en 1998 par les Screen Actors Guild Awards comme précédemment en 1994 par le National Board of Review. En 2002, un Oscar d’honneur lui est attribué et son parcours cinématographique mis à l’honneur par l’American Film Institute. Cette contribution au 7 ème art estreconnue par l’attribution d’un Cunard Britannia Award aux Britannia Awards et il est honoré en 2011 lors du Gala Tribute annuel de la Film Society of Lincoln Center qui célèbre des stars légendaires (comme Catherine Deneuve en 2012, Robert Redford, Morgan Freeman ou Helen Mirren).

A la télévision, on le voit par exemple dans Separate but equal en 1991, Un professeur en enfer en1996. Mandela et de Klerk est tourné en 1997. Il joue dans Free of Eden qu’il produit et dans L’affaire

Noah Dearborn pour lequel il reçoit en 2000 un Image Award du meilleur acteur dans un téléfilm ou une mini série. En 2001 : The last brickmaker in America.

Il réalise une dizaine de longs métrages dans lesquels il joue également. C’est le cas pour Buck (lui) et son complice en 1972 ; l’année suivante il est Matt Younger dans L’amour fleurit en décembre ; en1974, il incarne Steve Jackson dans Upon Saturday night. Il reçoit un Image Award du meilleur réalisateur d’une comédie d’action pour Let’s do it again (Le coup à refaire). 1977 : A piece of the action ; 1980 : Faut s’faire la malle ; 1982 : La folie aux trousses ; 1985 : Fast Forward et 1990 : Papa est un fantôme.

En 1973, il est le narrateur dans le documentaire Paul Robson : Tribute to an artist. En 2007 dans son livre The measure of a man : a spiritual autobiography il écrit: “ A l’époque(…) j’endosais les espoirs de tout un people. Je n’avais aucun contrôle sur le contenu des films(…) mais je pouvais refuser un rôle, ce que je fis de nombreuses fois ».

Il épouse en 1950 une chanteuse Juanita Hardy ; ils ont 4 filles et se séparent en 1965.

En 1969, sur le tournage de The lost man (L’homme perdu) il rencontre Joanna Shimkus. L’actrice (1943) a tourné 3 films avec Robert Enrico dont Les aventuriers avec Lino Ventura et Alain Delon en 1967. Elle interprète avec Sacha Distel Ces mots stupides. Ils se marient en 1976 et ont 2 filles dont l’actrice Sydney Tammiia Poitier (1973) qui a joué dans Jugé coupable de Clint Eastwood en 1999 et dans Boulevard de la mort de Quentin Tarentino en 2007. Anika Poitier a réalisé un cours métrage en 2010 Yard sale dans lequel jouent sa mère et sa sœur.

Distinctions :

1974 : Chevalier commandeur de l’empire britannique, ce qui lui vaut le titre de Sir.

1986 : Docteur honoris causa en Beaux Arts de l’université de Miami. 1997 : Ambassadeur des Bahamas au Japon.

En 2009, le président Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté qui est la plus haute distinction civile américaine.

Le 6 janvier 2022, le premier ministre des Bahamas a convoqué la presse pour confirmer la mort d’une «  icône culturelle, d’un acteur, metteur en scène, entrepreneur, militant des droits humains et diplomate(…). Nous admirons l’homme pas seulement pour ce qu’il a fait mais aussi pour ce qu’il était ».

Le président Joe Biden lui a rendu cet hommage : «  acteur comme il n’y en a qu’un dans une génération et un homme engagé, dont le travail était empreint de tant de dignité, de puissance et de grâce qu’il a changé le monde sur le grand écran et en dehors ».

NDLR : A propos de l’Oscar. L’actrice Hattie Mc Daniel fut la 1ère interprète afro-américaine à recevoir un Oscar et ce pour la meilleure actrice dans un second rôle, celui de Mamma dans Autant en emporte le vent. Privée de la projection du film lors de la première car le théâtre était réservé aux Blancs, une faveur lui est faite pour la cérémonie de remise des statuettes le 22 février 1940 mais elle est assise à une table bien séparée sur le côté de la salle. Son vœu d’être inhumée dans le cimetière d’Hollywood lui fut refusé, le lieu étant réservé aux seuls Blancs.

-----------------------------------------------------------------------------------------------Claudine

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 20:46

Le bureau du CCL vous renouvelle ses meilleurs voeux et souhaits pour 2022 et

 vous présente son programme Janvier-Juin 2022 au Foyer Culturel

Samedi 22 Janvier 14h30 

Landru de Claude Chabrol

Lundi 14 février 16h30

 L’enfant de Goa de Miransha Naik (VO)

Lundi 28 mars 16h30

 Himalaya l’enfance d’un chef d’Eric Valli

dans le cadre du Festival Inter associatif du Cinéma les 25-28/03

Lundi 11 avril 16h30 

 La ronde de Max Ophüls

Lundi 16 mai 16h30  

Fahrenheit 451 de François Truffaut

Lundi 13 juin 16h30 

Le gamin au vélo de  Jean-Pierre et Luc Dardenne

tous renseignements sur

cinephilesdelamorlaye@gmail.com

 


 


 

 

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 20:23

 

 

 

 

NOUVEL AN, EPIPHANIE : quiz pour bien commencer 2022 avec des titres de films dont un ou plusieurs mots ont un rapport avec cette période.

1. 1989. Luigi Comencini réunit Michel Serrault et Virna Lisi , séparés quand ils ne peuvent plus garder leur appartement et hébergés chacun par une de leurs filles, celles-ci ne pouvant en accueillir qu’un des 2. Ils se retrouvent lors de rendez-vous tels des amants illégitimes.

2. 1981. Jean-Louis Hubert, assisté pour le scénario de Josiane Balasko, filme les chassés-croisés amoureux, entre ruptures et réconciliations, d’Isabelle (Isabelle Adjani) et de Maxime (Thierry Lhermitte).

3. 2011. Gary Marshall, dans ce film choral, montre la vie de plusieurs couples et de célibataires à New York lors du réveillon de la saint-Sylvestre. Avec Robert de Niro, Halle Berry, Hilary Swank, Michelle Pfeiffer, Ashton Kutcher et Sarah Jessica Parker.

4. 1973. Claude Lelouch réalise cette histoire d’amour entre un gangster Simon qui prépare un “ hold-up psychologique” dans une bijouterie et une belle antiquaire qui occupe la boutique voisine. Avec Françoise Fabian, Lino Ventura, Charles Gérard, André Falcon, Lio et Claude Mann.

5. 1954. Film musical de Georges Cokor avec Judy Garland et James Mason. Un acteur vedette sur le déclin et qui a sombré dans l’alcoolisme, découvre une jeune chanteuse qui connaît une ascension triomphale. Ils se marient et malgré la promesse qu’il lui fait de ne plus boire il rechute. Ne voulant plus être un poids pour elle car elle veut sacrifier sa carrière pour l’aider il se suicide. Remake d’un film de 1937 avec Fredric March. 2 autres seront tournés : 1976 avec Barbra Streisand et 2018 avec Lady Gaga.

6. 1995. Martha Coolidge raconte comment Tom qui évite de justesse un piéton se souvient, sous l’effet du choc , que sa mère, durant son enfance, a percuté Jack, un vagabond. Elle l’accueille pour s convalescence avec son chien. Leur vie va s’en trouver modifiée. Patrick Swayze, bien qu’âgé de 43 ans, interprète le rôle de ce blessé d’une vingtaine d’années.

7. 2001. Bernard Campan et Didier Bourdon réalisent ce film dans lequel ils jouent avec le 3ème Inconnu, Pascal Légitimus et racontent les aventures dans lesquelles sont entraînés 3 hommes partis à la recherche d’un célèbre bébé et tombés dans une faille temporelle.

8. 1988. Jean-Michel Ribes écrit et réalise ce long métrage, assisté pour le scénario de Roland Topor. Sur l’île de Corsalina, Maria-Helena (Pauline Laffont) fille du roi Arnold III (Jean Rochefort) doit épouser Jérémie (Christophe Bourseiller), fils du roi du surgelé Victor Harris (Roger Hanin). Cette union doit faire oublier les affaires louches des 2 pères mais l’arrivée du prince Utte (Jacques Villeret), amoureux de la jeune personne, va tout remettre en question. Avec Eddy Mitchell, Jean-Pierre Bacri, Claude Piéplu, Pierre-Loup Rajot et Jess Hahn.

9. 2013. Ce 128ème long métrage d’animation des studios Disney, couronné de très nombreux prix dont 2 Oscars (dont un pour la chanson originale) est librement adapté du conte de Hans Christian Andersen. Il raconte le long voyage d’Anna en compagnie de Kristoff, un montagnard accompagné de son fidèle élan Sven et d’un amusant bonhomme de neige Olaf (voix française Daniel Boon) pour retrouver sa sœur Elsa, exilée à cause de ses pouvoirs.

10. 1937. Sacha Guitry (auteur du scénario) et Christian-Jaque entraînent le spectateur dans un cheminement historique à la recherche de 3 éléments manquant sur un célèbre collier qui en comptait 7 au départ quand un pape l’offrit à sa nièce. Le long métrage réunit une pléiade d’acteurs parmi lesquels Sacha Guitry, qui, outre l’historien-narrateur qui part chercher les bijoux interprète également François Ier, Barras et Napoléon III ; son épouse Jacqueline Delubac est la femme de ce chercheur mais aussi Marie Stuart et Joséphine de Beauharnais. Jean-Louis Barrault est Bonaparte, Arletty la reine d’Abyssinie. Les entourent : Claude Dauphin, Pauline Carton, Marguerite Moreno, Simone Renant et Damia.

11. Pour la fin, un peu plus difficile : 1928. Film muet d’Alfred Hitchcock (dont le titre français est parfois A l’Américaine) raconte comment une jeune femme habituée au luxe doit trouver du travail quand son père lui dit être ruiné. Avec Betty Balfour et Gordon Harker. Le réalisateur aimait beaucoup le gag de l’ivrogne titubant qui est le seul à marcher droit pendant la tempête.

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REPONSES :

1. Joyeux Noël, bonne année ;

2. L’année prochaine si tout va bien ;

3. Happy new year ;

4. La bonne année ;

5. Une étoile est née ;

6. Trois vœux ;

7. Les rois mages ;

8. La galette du roi ;

9. La reine des neiges ;

10. Les perles de la couronne ;

11. Champagne.

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 19:42

 

 

 

 

 

 

AU PIED DU SAPIN : quiz sur ce qu’un enfant peut trouver le matin de Noël dans ses souliers.

1. 1976. 1er film de Francis Weber. Un journaliste (Pierre Richard), embauché après une très longue période de chômage à France Hebdo, dirigé par un redoutable multi milliardaire (Michel Bouquet), accepte de servir d’amusement au fils de celui-ci pour conserver son poste. Avec également Jacques François, Michel Aumont, Daniel Ceccaldi, Michel Robin et Gérard Jugnot dans le rôle du licencié à cause de ses mains moites. Le héros porte le patronyme de François Perrin (déjà entendu dans les 2 opus du Grand blond) qui sera utilisé en alternance avec celui de François Pignon.

2. 1982. Michel Lang, qui écrit également dialogues et scénario, présente le curieux présent que font ses collègues à Grégoire Dufour (Pierre Mondy) , banquier marié et père de famille, lors de son départ en retraite. Avec Clio Goldsmith, Jacques François, Henri Guybet et Laurence Badie.

3. 1996. Brian Levert raconte comment un père de famille qui a oublié d’acheter le cadeau que son fils a commandé tente par tous les moyens d’arriver à ses fins. Avec Arnold Schwarzenegger et Sinbad. Inspiré par la vente en 1980 de poupées si populaires qu’on a vu des parents se disputer dans les magasins.

4. 1995. 1er long métrage d’animation en images de synthèse des studios Pixar produit par Walt Disney. Les personnages sont des jouets dans la chambre d’un enfant : un cow-boy, un astronaute, une bergère, un dinosaure, un chien et monsieur Patate. Tom Hanks assure une des voix originales tandis que Jacques Balutin, Patrick Préjean et Henri Guybet font partie de la version française. Un Oscar spécial est attribué à John Lasseter pour sa conduite de l’équipe.Des Annie Award récompensent le film, la réalisation, la musique, le scénario, la réussite technique, la direction artistique et la production.

5. 1970. Michel Deville, assisté de Nina Companeez pour le scénario, l’adaptation et le montage, réunit Brigitte Bardot et Jean-Pierre Cassel pour ce face à face entre un violoncelliste myope et bougon et une femme capricieuse à qui personne ne résiste. Avec Daniel Ceccaldi, Georges Claisse et Sabine Haudepin. Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, pressentis pour le rôle du musicien, ont refusé en appreant que la production leur avait fait la demande simultanément. La bande originale permet d’entendre des extraits d’ouvertures des œuvres de Giochino Rossini.

6. 1926. Film muet de Buster Keaton. Pendant la guerre de Sécession, un home qui refuse de s’enrôler se lance dans la bataille pour sauver sa locomotive et sa bien-aimée. En 1989, année de création du National Film Registry il est le 1eer à être sélectionné par la bibliothèque du congrès. En 2007, il occupe la 27ème place.

7. 1956. Albert Lamorisse donne à son fils le rôle d’un petit garçon de Ménilmontant qui chemine dans les rues de Paris avec un objet qu’il a trouvé accroché à un réverbère. La fin est tragique et magique. Le film est récompensé par le prix Louis Delluc et obtient la Palme d’or du court métrage à Cannes ainsi qu’un prix spécial au Bafta. L’année suivante un Oscar lui est attribué pour le meilleur scénario original. Il fait partie des 50 films à voir avant d’avoir 14 ans.

8. 1976. François Truffaut réalise et produit ce long métrage dans lequel il apparaît, comme le fait Alfred Hitchcock, dans le pré-générique. Il raconte la vie de plusieurs élèves, Julien, Patrick, Laurent et Bruno à Thiers dans une petite école sous la houlette de Jean-François Richet (Jean-François Stevenin) et de Chantal Petit (C.Mercier). Avec Philippe Goldman, Georges Desmouceaux et Bruno Staab.

9. 1934. Jacques Feyder, assisté de Marcel Carné, réunit Marie Bell, Pierre-Richard Wilm, Charles Vanel et Françoise Rosay, Georges Pitoëff et Pierre Larquey . Un jeune avocat se ruine pour sa maîtresse et s’engage dans la légion. Là-bas, il rencontre le sosie de la jeune femme, une prostituée. Il est amené à tuer le propriétaire de l’établissement où elle devient serveuse. A la fin de son engagement, il rentre avec elle en Europe mais déçu par les 2 femmes il repart et trouve la mort. Une autre version, réalisée en 1954 par Robert Siodmak, donne des rôles à Gina Lollobrigida, Jean-Claude Pascal et Arletty.

10. (Un peu plus difficile).2007. Film allemand de Vanessa Japp. Un soir de Noël, une femme a invité, sans prévenir son mari, tous leurs ex-compagnes et compagnons avec leurs conjoints. Le film est passé récemment sur Arte. Le titre est en 4 mots.

----------------------------------------------------------------------------------------------------CLAUDINE
ET

LES

REPONSES : 1. Le jouet ; 2. Le cadeau ; 3. La course au jouet ; 4. Toy Story ; 5. L’ours et la poupée ; 6. Le mécano de la Générale ; 7. Le ballon rouge ; 8. L’argent de poche ; 9. Le grand jeu ; 10. Une avalanche de cadeaux.


 


 

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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 14:33

 

 

 

 

 

 

 

LA NOURRITURE DANS LES TITRES DE FILMS : En cette période de fêtes où les menus sont l’objet d’une grande recherche, un mot dans les longs métrages proposés se rapporte à l’alimentation.

1. 1953. Luigi Comencini tourne avec Gina Lollobrigida le 1er volet de ce triptyque (Sophia Loren sera l’héroïne du 3ème) et raconte la vie amoureuse et compliquée d’Antonio, maréchal des logis des carabiniers, dans un village de montagne imaginaire en Italie.

2. 2007. Le 8ème film d’animation des studios Pixar, récompensé par un Oscar, un Bafta et un Golden Globe. Un jeune rat s’installe dans les cuisines d’un grand restaurant parisien chez Auguste Gusteau (inspiré de Bernard Loiseau et Paul Bocuse ; son prénom est un hommage à Escoffier) et devient l’assistant de Rémy. Colette, qui travaille également dans la cuisine, a été créée sur le modèle d’Hélène Darroze. Jean-Pierre Marielle est la voix française du restaurateur. Le critique gastronomique Anton Ego a les traits de Louis Jouvet. Le décor panoramique du lieu est tiré de celui de la Tour d’Argent.

3. 1929. Film musical, composé par Irving Berlin, de Robert Florey et Joseph Santhy, adapté d’une comédie éponyme jouée à Broadway entre 1925 et 1926 avec les 4 Marx Brothers (Groucho, Harpo, Chico et Zeppo). Un agent immobilier malhonnête et ses complices sèment le désordre dans un hôtel, unité de lieu, en essayant de vendre des terrains marécageux. De nouvelles techniques sont utilisées comme les vues plongeantes sur les danseuses pour imiter les motifs d’un kaléidoscope. Les numéros sont tournés directement lors de leur exécution. Fait rare à l’époque, plusieurs caméras tournent simultanément pour mieux gérer les improvisations différentes du script original, dont le papier est mouillé pour éviter de parasiter les appareils d’enregistrement. Les Marx ont été tellement déçus au visionnage qu’ils ont voulu racheter le négatif et empêcher la sortie du film mais la Paramount a résisté : grand succès au box-office.

4. 1965. Edouard Molinaro tourne ce film en noir et blanc et, bien que non crédité, y joue un serveur. Le scénario d’Albert Simonin et de Michel Audiard qui signe les dialogues, raconte les aventures de 3 escrocs, dont un ancien policier, qui montent une arnaque en faisant croire que les obligations de l’emprunt russe vont être remboursées à bon prix. Mais l’un d’eux tombe amoureux d’une prétendue milliardaire, experte elle aussi en escroquerie. Avec Paul Meurisse, Bernard Blier, Jean Lefebre, Michel Serrault, Yvonne Clech, Claire Maurier et Robert Dalban.

5. 1985. Claude Chabrol conçoit le scénario avec D. Roulet auteur du roman Un mort en trop. Un inspecteur, qui n’apparaît qu’au bout de 41 minutes, grand amateur d’œufs sur le plat avec du paprika, arrive en Normandie pour enquêter sur la mort d’un boucher associé avec 2 autres notables pour obliger un jeune postier à vendre sa propriété. Tourné à Forges-les-Eaux, le film réunit Jean Poiret, Stéphane Audran, Michel Bouquet, Caroline Cellier, Jean Topart et Pauline Lafont. L’enquêteur revient l’année suivante dans un autre long métrage.

6. 1975. Le cinéaste et romancier Joël Séria réunit Jean-Pierre Marielle, Bernard Fresson, Dominique Lavanant, André Ferréol et Claude Piéplu pour suivre la vie « sentimentale » d’un représentant en parapluies, passionné de peinture dont il rêve de vivre. Après maintes péripéties, déceptions et une dépression qui le conduit à boire, il finit heureux, en Bretagne, en changeant de vie. Sous le pseudonyme de Jeanne Goupil qui joue Marie se cache l’artiste Jeanne Krier, ancienne élève des Arts Décoratifs, qui a réalisé les tableaux vus dans le film. Celui-ci a acquis le statut de film culte dans le genre comédie érotico-burlesque des années 70.

7. 1976. Claude Zidi, assisté de Jean-Jacques Beineix, traite de la malbouffe en opposant un critique gastronomique, responsable d’un célèbre guide et dont le fils est passionné de cirque au PDG d’un groupe agro-alimentaire. Raymond Bussières, Claude Gensac et Marcel Dalio donnent la réplique à Louis de Funès, Julien Guiomar et Coluche ; ce dernier a obtenu le rôle grâce à Olivier de Funès contre l’avis de sa mère Jeanne qui le trouvait « vulgaire ». Un mois avant le début du tournage Pierre Richard qui s’était engagé pour le rôle de ce fils peu intéressé pour prendre la succession des affaires paternelles s’est montré très déçu par le rôle proposé et s’est désisté malgré un pont d’or.

8. 1989. Une adaptation très libre de l’affaire du Rainbow Warrior est réalisée par Gérard Oury sur un scénario écrit avec sa fille Danièle Thomson. Une ancienne espionne reprend du service après 10 ans d’inactivité pour faire sauter en Italie un bateau contenant des missiles et ce avec l’aide d’un pseudo-mari. L’époux légitime se lance à leur recherche. Avec Sabine Azema, Pierre Arditi, Jacques Perrin, Patrick Timsit et Isaac de Bankolé, consultant pour les dialogues.

9. 1963. Max Ophuls, avec Claude Sautet aux dialogues et au scénario, assisté pour la réalisation de Costa-Gavras et Claude Zidi et pour la coopération technique de Claude Pinoteau , adapte un roman de Ch. Williams. Cathy qui veut venger son père que 2 anciens associés véreux ont ruiné s’associe à son ex- mari Michel et 2 autres hommes pour arriver à ses fins. Jean-Paul Belmondo retrouve Jeanne Moreau avec laquelle il avait joué dans Moderato Cantabile de Peter Brook en 1960. Claude Brasseur, Gert Fröbe, Jean-Pierre Marielle, Alain Cuny et Paulette Dubost font également partie de la distribution.

9. 1991. Le titre au Québec est : Le secret est dans la sauce. Jon Avnet adapte un roman de Fannie Flag qui fait une apparition dans le film qui évoque la vie de 2 femmes, l’une âgée de 40 ans et l’autre, une octogénaire, pensionnaire d’une maison de retraite. Chacune évoque ses souvenirs et pour la plus âgée, ceux qui se rapportent au café qu’elle tenait le Whistle Stop Café. Avec Kathy Btes, Mary Stuart Masterson et Nancy Atchinson qui reçoit un Young Artist Award.

10. 1981. Jean Girault adapte le roman de René Fallet dont le producteur Christian Fechner, attaché à Louis de Funès depuis 1976, a acheté les droits. L’acteur, dont c’est l’avant-dernier film, participe à l’écriture du scénario avec Jacques Halain, fil d’André Hunebelle, avec lequel il avait déjà travaillé pour L’Avare. 2 septuagénaires, amis de très longue date, voient leur vie bouleversée par l’arrivée soudaine d’un extra terrestre. Celui-ci devait être joué par Olivier Lejeune dont la silhouette longiligne se rapprochait de celle du personnage du roman mais c’est Jacques Villeret qui obtint le rôle et vit ainsi sa carrière vraiment lancée. Pour Jean Carmet, le souvenir de tournage fut différent, lui dont on connaît le goût pour les grands crûs : «  J’avalais 1 litre d’eau teintée par scène. Et comme on faisait plusieurs scènes, il m’arrivait d’en boire 5 à 6 litres par jour…J’ai bien cru me noyer ». Le tournage a lieu en Seine-et-Marne à Champeaux, le choix de la région parisienne s’expliquant par la proximité de grands centres hospitaliers à cause des problèmes cardiaques de Louis de Funès depuis 1974. Les 2 maisons ont été construites dans un champ à Evry-Grégy-sur-Yerre . A la fin du tournage diurne elles ont été déplacées aux studios d’Epinay pour les séquences de nuit car les assurances étaient formelles en ce qui concerne l’acteur : «  Pas de tournage la nuit, la nuit il dort ». La musique est signée par Jean Lefèvre, déjà auteur de celle du Gendarme et les extra-terrestres. L’engin spatial a nécessité 4 mois de travail.

 

........................................................................................................................................................CLAUDINE
 

REPONSES :

1. Pain, amour et fantaisie ;

2. Ratatouille ;

3. Noix de coco ;

4. Quand passent les faisans ;

5. Poulet au vinaigre ;

6. Les galettes de Pont-Aven ;

7. L’aile ou la cuisse ;

8. Vanille fraise ;

9. Beignets de tomates vertes ;

10. La soupe aux choux.

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:23

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, recherchons pour ce quiz faisant suite à la projection du film COLD WAR tous les titres qui contiennent le mot "Guerre"

1. 2011. Pour cette 5ème adaptation du roman de Louis Pergaud (tombé cette année-là dans le domaine public), Christophe Barratier a situé l’action au printemps 44. Deux clans d’enfants s’affrontent ; l’un des chefs tombe amoureux de Violette, jeune juive protégée par la mercière du village à la demande de ses parents déportés. Avec Jan Texier, Laetitia Casta, Kad Merad, Gérard Jugnot et Grégory Gatignol (vu dans Les choristes). Avec le film de Yann Samuel sorti presque simultanément, ils sont lauréats du Gérard du plus mauvais film en 2012. Les réalisations précédentes sont : Jacques Deroy en 1936 ; Yves Robert en 1962 et un remake anglais en 1994.

2. 1989. Danny de Vito (qui joue également) adapte un roman de Warren Adler paru en 1981. Les biens matériels d’un couple dont le mariage se désagrège sont au centre d’une bataille et les coups bas s’enchaînent. Michael Douglas et Kathleen Turner se retrouvent après A la poursuite du diamant vert.

3. 1953. Byron Haskin adapte le roman d’H.G. Wells. Après un incendie provoqué par la chute d’une météorite, un cratère s’ouvre. Durant la nuit un étrange objet sort. Les gardiens sont tués. Avec Gene Barry et Ann Robinson. Les 2 acteurs apparaissent dans la version réalisée par Steven Spielberg en 2005. Fort du succès du film, les détenteurs des droits offrent au producteur de choisir un autre roman de l’auteur ; ce sera en 1960 La machine à explorer le temps. Le film est conservé depuis 2011 à la bibliothèque du congrès des Etats Unis. Timothy Hines et David Michael Latt (pour la télévision) adaptent également en 2005 le roman.

4. 1981 ; Jean-Jacques Annaud adapte le roman de J.H. Rosny aîné. Au Paléolithique, la tribu des Oulhamr est attaquée par les Wagabou. 3 de leurs plus braves chasseurs, Naoh, Amoukar et Gaw sont envoyés pour éviter que les survivants ne meurent de faim et de froid. Avec Everett Mac Gil et Ron Perlman. Une 1ère adaptation est réalisée en 1914 par l’acteur réalisateur Georges Derola. La musique de Philippe Sarde est enregistrée au studio Abbey Road par le London Symphonic Orchestra au grand complet, les percussions de Strasbourg (9 percussionnistes et 35 choristes) et 2 flûtes (à bec et de Pan).

5. 1959. Christian-Jaque, dont c’est le 54ème film, confie les dialogues à Michel Audiard et conçoit le scénario avec Gérard Oury qui le réécrit, le 1er ayant été refusé par Brigitte Bardot, qui tient ici le rôle d’une jeune provinciale engagée comme femme de ménage au Q.G. de la France libre. On veut profiter de sa ressemblance avec l’ex-maîtresse d’un général allemand pour enlever celui-ci. Elle est parachutée en France. Jacques Charrier, Francis Blanche, Hannes Messemer et Noël Roquevert complètent la distribution. C’est le 1er film français qui traite la 2ème guerre mondiale sur le mode de la comédie.

6. 1986. De et avec Clint Eastwood. Le titre original est Heartbreak Ridge. Un sergent artilleur, vétéran des guerres de Corée et du Viêt-Nam dans le corps des Marine, participe à l’invasion de la Grenade en 1983.

7. 2001. Steven Spielberg adapte le livre de Michael Morpurgo et rend hommage aux 8 millions d’équidés sacrifiés durant la 1ère guerre mondiale. Le film, structuré en épisodes, traduit ce qu’éprouve et vit l’animal. Avec Jeremy Irvine, Benedict Cumberbatch et Niels Arestrup. Le jeune Albert retrouve le poulain qu’il a vu naître mais l’animal est vendu à la cavalerie. Le jeune homme s’engage à son tour et découvre les horreurs du conflit. Le tournage a eu lieu en partie à Castle Combe près de Bristol, village considéré par les touristes comme le plus beau d’Angleterre.

8. 1956. King Vidor adapte le roman de Léon Tolstoï paru en 1865 et réunit Audrey Hepburn, son mari Mel Ferrer et Henri Fonda pour cette fresque historique à Moscou en 1805 à l’approche des troupes de Napoléon. Le comte Pierre aime Natacha, beaucoup trop jeune pour lui. Quand ils se retrouvent, autour d’eux tout est chaos, deuils et désolation après la mise en déroute de la grande armée. Un Golden Globe du meilleur film étranger est attribué en 1957.

9. 1961. Giorgio Ferroni tourne ce peplum librement inspiré d’Homère car il place au 1er plan Enée. Avec Steve Reeves, Edy Vessel et Warner Bentivegray. Les voix françaises sont celles de : Michel Le Royer, Claude Gensac, Louis Arbessier, Bernard Dhéran, Nadine Alari, Jean Davy et William Sabatier.

10. 1977. Georges Lucas, heureux réalisateur en 1972 d’American graffiti, tourne son 3ème long métrage, le 1er d’une longue saga et de la trilogie originale avec Harisson Ford et Carie Fisher, Mark Hamilton et Alec Guiness. Une organisation, Alliance Rebelle, tente de détruire la station spatiale Etoile Noire. Un jeune ouvrier agricole, Luke Skywalker, s’engage dans les rebelles, aidé de son mentor Obi-Wan Kenobi. Le film est récompensé par 7 Oscars dont celui de la musique de John Williams.

Plus difficile pour terminer :

11. 1976. Film hongkongais de Chu Yuan adapté du roman de Gu Long. Un tueur renommé doit s’infiltrer dans un clan pour tenter de gagner la confiance de sa future victime.

12. En cours de tournage : à l’abbaye Saint-Michel- en-Thiérarche près de Hierson dans l’Aisne, Yann Samuell (précédemment mentionné dans l’article n°1) adapte la BD des Amiénois Régis Hautière et Herdoc. Il raconte la vie de 5 orphelins livrés à eux-mêmes après l’évacuation de leur village durant la 1ère guerre mondiale. Axel Lutz, Isabelle Carré et François Damiens les entourent. La caméra montre également le Familistère de Guise, Arras et Ors. La sortie est prévue pour 2023.

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REPONSES : 1. La nouvelle guerre des boutons ; 2. La guerre des Rose ; 3. La guerre des mondes ; 4. La guerre du feu ; 5. Babette s’en va en guerre ; 6. Le maître de guerre ; 7. Cheval de guerre (War horse) ; 8. Guerre et paix ; 9. La guerre de troi ; 10. La guerre des clans ; 12. La guerre des Lulus.

 

..........................................................................................................................................................................CLAUDINE


 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 17:58
Autour de Cold War : Rétrospective du Cinéma Polonais

 

 

 

 

 

 

 

LE CINEMA POLONAIS  est né à la fin du XIXème siècle sous le joug du tsar avec l’invention en 1894 du pléographe (caméra-projecteur) par K. Proszynski qui fonde en 1901 le premier studio de Pologne. L’année suivante les frères Matuzewski réalisent une dizaine de documentaires sur la vie à Varsovie et dans les cours impériales puis, à la suite de présentations d’images par les frères Lumière en novembre à Cracovie, deviennent leurs opérateurs. La 1ère salle de cinéma fixe est inaugurée en septembre 1899. Les martyrs de Pologne (retrouvé en 2000) est le plus ancien film polonais conservé. En 1909, Aleksander Hertz, directeur du Sfinks (1903) fonde le 1er vrai studio de production cinématographique et révèle des stars comme Pola Negri (Esclave des sens). En 1910, Ladislas Starewitch crée l’un des 1ers films d’animation au monde et sera le 1er à utiliser l’animation en volume. A cette période des documentaires, des longs métrages d’action et de reportages d’événements historiques sont réalisés et bien souvent perdus.

Entre les 2 guerres la production reste artisanale avec 30 longs métrages et 100 à 300 courts métrages réalisés par an. Les sociétés importantes sont Sfinks, Léo Film et Rex Film. Les actrices comme Pola Negri et Mia sont parties à Hollywood. La vedette est Jadwiga Smosarska. Entre les années 20 à 25 , une quinzaine de metteurs en scène sont notables dont Aleksander Hertz et Wiktor Bréganski qui luttent contre la théâtralisation du cinéma. Les thèmes dominants sont l’amour et l’inspiration patriotique. Mars 1921 : Miracle de la Vistule de Rjszard Boleslawski , dont seules 53 minutes sont conservées. Disparu également : La lépreuse de 1926, année où est tournée la 1ère histoire criminelle : Bouffon rouge d’Henryk Szard qui réalise l’année suivante les 1ères prises de vue en mer pour L’appel de la mer. En 1922, la société Gloria produit L’homme fort avec l’acteur russe Gregori Chmara et un opérateur italien pour la photographie expressionniste du film. Le dernier film muet s’intitule Vent de la mer. Des problèmes d’argent rendent la transition longue.

Le 1er film sonore est : La morale de Mme Dulska. Suivront des productions Paramount aux studios de Joinville avec un casting polonais qui sont un échec. Le 1er film parlant est Chacun a le droit d’aimer. En 1930, L. Buczkowski réalise le film le plus cher d’avant guerre, L’escadre étoilée, dont les copies ont été détruites. Au milieu des années 30, une relative stabilité technique et économique s’installe bien que les salles ferment les unes après les autres (800 en 1938 ; 4 en 1945). Les films, environ 10 par an, sont des copies de metteurs en scène comme René Clair ou King Vidor. Henry Wars, auteur, célèbre compositeur fera le tiers des musiques des 150 films du cinéma polonais d’avant guerre. Les acteurs sont : Adolf Dymsza, Eugenius Bodo (qui meurt au goulag), Adam Brodzisz. Le réalisateur Aleksander Ford réalise avec succès son 1er film sonore La légion de la rue en 1932. Il se joint à l’Association des Amateurs du Film Artistique, la Stuart, qui prend fin en 1931. Il appartient à un mouvement d’avant-garde qui prône un cinéma à haute valeur artistique et socialement utile. Il fonde avec d’autres la Coopérative d’Auteurs de Films (SAF) qui produit Peur en 1938 et Ceux de la Vistule.

Durant cette période existe aussi un cinéma yiddish animé par des cinéastes d’origine juive. Au début, ce sont des adaptations de pièces de théâtre ou d’œuvres d’auteurs intéressés par la thématique juive. Parmi les acteurs : le clan Kaminski. Le 1er film date de 1924 ; un nouveau montage est fait en 1932 et il est distribué en 1948. Des 19 films muets, aucun n’a survécu. Le 1er film yiddish parlant date de 1933 : Sabra. Aleksander Ford et d’autres rejoignent les frères Gosking (propriétaires de magazines de cinéma et de la société de production Sektor) et leur 1er film est un succès de même que Le Dubbuk en 1937 avec son décor qui ressemble à un cimetière.

Avec la seconde guerre mondiale, ce cinéma prend fin et les 2 frères Gosking émigrent en Israël.La guerre détruit ce jeune cinéma. L’industrie est pillée par les occupants allemands et soviétiques. Les acteurs et producteurs inscrits sur le Sonderfahndungsbuch se cachent ou émigrent (16% sont morts ou ont disparu). A l’étranger se forment des sections cinématographiques. En France une armée politique s’organise autour de Stanislas Rochowicz, ancien directeur de la photographie, le matériel et les finances venant des USA (1943 : Les funérailles du général Sikorski). A Londres, une autre équipe se monte avec à sa tête un ancien du groupe Stuart. 1940 et réalise This is Poland et 1942: The white eagle avec Leslie Howard. En URSS, La bataille de Monte Cassino en 1944 et La grande route en 1946 avec Irena Anders, la femme du général. Ceux qui ne les rejoignent pas sont avec Aleksander Ford le groupe le plus important. Un documentaire est produit : Nous le jurons à la terre en 1943 et l’année suivante, le 1er sur l’histoire des camps : Majdanek, le cimetière de l’Europe. En 1942, la résistance polonaise s’organise au sein du bureau de l’information avec des cinéastes-soldats : 3000m de film dont 1000 sont aux Etats Unis où ils servent de base au documentaire Les derniers jours de Varsovie. Pour le 70ème anniversaire du soulèvement Jan Konrasa utilise les images de l’insurrection de la ville. C’est le 1er film documentaire de guerre au monde monté sur d’authentiques chroniques d’actualités colorisées. Aux USA, Ernst Lubitsch tourne To be or not to be en 1942 sur une idée de Ryszard Ordynski. The land of my mother présente la patrie de Marie Curie. En 1944, Colour studies of Chopin rend hommage au musicien.

Après la guerre de profonds changements politiques apparaissent dans un pays détruit, surtout Varsovie. Un cinéma d’état contrôlé et financé par le pouvoir socialiste fait naître l’école politique du cinéma, c’est celui de l’inquiétude morale dont les réalisateurs inventent sans cesse un langage pour échapper à la censure. Aleksander Ford (en 1949 : La vérité sans frontières : sur la lutte du ghetto de Varsovie avant son extermination) et son équipe jouent un rôle essentiel dans la renaissance du 7ème art d’autant que les studios sont détruits. Film Polski, qui contrôle créations, productions et distributions, est créé le 13 novembre 1945 (cela devient en 1952 : Office Central du Cinéma). A Cracovie existe entre 1945 et 1947 un Institut du Cinéma. L’école supérieure du cinéma est installée à Lodz en 1948 et deviendra en 1959 l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique et de Cinéma en comptant parmi ses élèves A. Wajda et R.Polanski. Beaucoup de documentaires sont censurés mais Inondations en Pologne remporte la Palme d’or dans sa catégorie. Citons deux autres films sur l’occupation allemande et les camps : Chansons interdites en 1947 de L. Buczkowski et La dernière étape chronique amusante sur la vie quotidienne des Varsoviens sous l’occupation,en 1948. 1ère comédie policière en 1949 : Une chaumière et un cœur.

Entre les années 1949 et 1956, les cinéastes ne peuvent exprimer leurs désirs artistiques et doivent suivre les directives. La production est faible, 3 à 4 films par an. Les jeunes ont des projets pour un cinéma nouveau mais sont obligés de réaliser des films de propagande politique. J. Zarzycki réalise Varsovie ville indomptée. J. Rybkowski avec Les 1ers jours et Aleksander Ford avec La richesse de Chopin échappent aux normes. En 1954 son 1er film en couleurs Les 5 de la rue Barska est primé à Cannes : le cinéma polonais prouve son existence à l’étranger. Le cinéma d’auteur est ouvert par J. Kavalerowicz avec Cellulose. En 1954, l’Etat confie à des associations de cinéastes la responsabilité du cinéma. La réforme est d’importance : les auteurs échappent aux contraintes. Sont tournés à Lodz des courts métrages sur les fléaux : vandalisme, prostitution, alcoolisme, crise du logement. L’écriture est très variée et vivante , tous les genres s’illustrent.

Avec la mort de Staline en 1953 et jusqu’en 1962, cette industrie prend de l’ampleur. En 1957, l’écrivain Tadeusz Konwicki reçoit à Venise le grand prix du festival pour Le dernier jour de l’été. Les chefs de l’école politique du cinéma (liquidée au début des années 60) qui participent à cette transformation en conférant à leurs productions un caractère social et en donnant pour cadre l’héroïsme sont : A.Munk (Eroica) et A. Wajda avec La lumière dans les ténèbres, Kamal, Lotna . En 1957, Ils aimaient la vie obtient le prix spécial du jury à Cannes. Les autres réalisateurs sont par exemple : W. Has (Chambre commune) et S. Lanartowicz. Le 16 février 1961, le cinéma est placé sous la tutelle du ministre de la culture et de l’art qui peut décider de l’arrêt d’un tournage. Les films historiques sont basés sur la littérature politique : Les chevaliers teutoniques d’A. Ford  en 1961 ; Cendres d’A. Wajda et Le manuscrit trouvé à Saragosse (film à grand spectacle) de W. Has en 1965. Des sujets contemporains sont traités par la nouvelle vague à l’école de Lodz. Roman Polanski (né en 1933) reçoit avec Le couteau dans l’eau le prix de la sélection au festival de Cannes en 1962 puis quitte le pays. J. Skolimowski (né en 1938) tourne Signe particulier néant en 1964 et connaît des problèmes avec la censure.

De 1963 à 1967 de nouvelles contraintes et des difficultés financières sont un frein à la production. Aleksander Ford comme d’autres sont contraints à démissionner et à l’exil. La censure interne intervient à l’école de Lodz et les jeunes cinéastes sont bloqués. Les sujets juifs disparaissent du cinéma. Seule la Direction générale de la Cinématographie peut autoriser les productions. K. Zanussi : La structure de cristal ; Les jours de Mathieu, 1er long métrage de W. Leszczynski reçoit le grand prix de la jeune section à Cannes. A. Wajda réalise Tout est à vendre en 1969 et l’année suivante Le bois de bouleaux. La comédie se fait jour : le film le plus regardé est  Comment j’ai provoqué la 2ème guerre mondiale de T. Chmielewski qui a débuté en 1957 avec Eva veut dormir. M. Piwowski : Croisière. S. Bareja sera le réalisateur le plus populaire de ce genre.

Dans les années 70, le gouvernement d’Edward Gierek apporte un certain changement : 20% de la production sont réservés aux nouveaux cinéastes. En 1972, A. Zulawski réalise La troisième partie de la nuit et J. Morgenstern Il faut tuer cet amour. En 1973, W. Has tourne La clepsydre et reçoit le Prix du Jury à Cannes. Avec son second film, Illumination, K. Zanussi est récompensé par le Grand Prix du Festival de Locarno. En 1976, A. Wajda adapte un roman de Joseph Conrad : Ligne d’ombre.

En 1978 le mouvement Solidarnösc et l’élection du pape Jean-Paul II entraînent un moment de liberté d’expression. Le cinéma traduit l’inquiétude morale et décrit la réalité en échappant à la censure. A. Wajda, qui a réalisé en 1976 L’homme de marbre reçoit la Palme d’or à Cannes pour L’homme de fer en 1981. Un Ours d’Argent récompense l’actrice B. Grabowska. En 1981, la loi martiale cible les « films étagère », qui sont interdits de diffusion. Les réalisations ainsi visées ne seront présentées qu’en 1987. On dissout le studio de Wajda. Danton et Un amour en Allemagne sont réalisés à l’étranger comme L’année du soleil calme de K. Zanussi, Lion d’Or et Grand Prix du jury à la Mostra de Venise en 1985.

Le 22 juillet 1983 l’état de guerre est aboli , un nouvel espoir naît et le cinéma populaire américain fait son entrée. Des sociétés privées émergent. En 1992 Héritage film collabore avec Costa Gavras pour La petite apocalypse et un an plus tard avec Steven Spielberg sur La liste de Schindler. Elle produit L’anneau de crin d’A. Wajda. Des cinéastes comme A. Zulawski rentrent d’exil. Le réalisateur peut ainsi terminer en 1988 Sur le globe d’argent commencé en 1977. Il réalise ensuite : L’important c’est d’aimer, Possession, L’amour braque, La femme publique et La note bleue. Le film de R. Polanski Le pianiste (avec le soutien de Canal + Polska) est nommé Palme d’or à Cannes. Mais le renouveau artistique ne se fait pas , les anciens ont du mal à se renouveler et les jeunes manquent de soutien financier. K. Kieslowski réalise en 1991 La double vie de Véronique et la trilogie des couleurs entre 1993 et 1994 : Bleu, Blanc et Rouge. A. Jakimowski tourne en 2002 Les yeux entr’ouverts. En 2003, la création de l’Institut Politique du Film permet un rebond de la production et de nombreux cinéastes reviennent sur le passé communiste : 2007 : A. Wajda : Katyn et 2009, B. Lankosz : Tribulations d’une amoureuse sous Staline. Le cinéma de W. Smarzowski est tourné vers le présent : La noce en 2004, Maison mauvaise en 2009 et Clergé en 2018. En 2013, Ida de P Pawlikowski reçoit l’Oscar du Meilleur Film Etranger. Le réalisateur avec Cold war outre le Prix de la Mise en Scène à Cannes reçoit le Prix du Cinéma Européen pour son travail, pour le film, pour le scénario, la meilleure actrice et le montage. En 2015 un Ours d’Argent récompense Body de M. Szumowska de même qu’en 2018 pour La face. En 2019, La communion de J. Komasa représente la Pologne aux Oscars.

Le cinéma d’animation tient également une grande place. W. Starewicz a, le premier, trouvé des effets spéciaux innovants. Avec L’œil et l’oreille, F. et Stefan Themerson ont opéré une recherche avant-gardiste. Les années 60 ont été l’âge d’or de la créativité. En 1991 Tango de T. Baginski est nommé aux Oscars. Récompense obtenue en 2007 pour Pierre et le loup de S. Templeton. Le travail de D. Kobiela, La passion Van Gogh, entièrement peint à la main est nominé en 2018.

Des festivals de cinéma sont organisés, en Pologne comme ceux du Film à Cracovie depuis 1961 ou le Festival International de Varsovie, mais aussi à l'étranger tels le Festival du Film Polonais à New York et à Seattle.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------Claudine, CCL


 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 09:42
Pawel Pawlikowski

Pawel Pawlikowski

 

 

 

 

 

 

 

*** A toutes et tous : Bonnes Fêtes ! ***

présente à 16h30 au Foyer Culturel

P 2018 N&B 85mn

avec

Joanna Kulig, Tomasz Kot, Agata Kulesza, Jeanne Balib

Prix de la mise en scène du Festival de Cannes 2018

Thème : Histoire d’amour en Pologne durant la guerre froide

 

Pawel Pawlikowski est un réalisateur et un scénariste polonais.

Il est né le 15 septembre 1957 à Varsovie. Son père était médecin. Il passe son enfance en Pologne.

Puis, avec sa mère, professeur d’anglais, il s’installe lorsqu’il a 14 ans, en Angleterre, à Oxford.

Il fait ses études à l’Université, en philosophie et littérature germanique.

Très tôt, il s’intéresse au cinéma et se tourne vers la réalisation de documentaires, dans le cadre du

service documentaire de la chaine BBC où il commence sa carrière. En 1990, son documentaire From

Moscow to Pietushki puis Tripping with Zhirinovsky en 1994 lui apportent de nombreux prix.

1998 Pawel Pawlikowski , réalise son premier long métrage The Stringer, film de science-fiction

Puis ce seront : en 2000 Transit Palace (drame romantique)

en 2003 The Gardian le classe dans la liste des 40 meilleurs réalisateurs de l’époque.

En 2004 My Summer of Love Prix du meilleur film britannique décerné par la British Academy.

en 2013 Ida lui apportera de nombreuses distinctions dont l’Oscar du meilleur film étranger en 2015.

En 2018 avec Cold War, en compétition pour la Palme d’Or, il obtiendra le

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes.                                                                                          Roland
 

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Prochaine séance « Landru » de Claude CHABROL Samedi 22 Janvier à 14h30 au Foyer Culturel en partenariat avec l’association AGORA ex ALCAD suivi d’une conférence sur « Les grands criminels »


 

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